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Recueil De Pieces Fugitives En Prose Et En Vers / Par Mr. De Voltaire
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'£0 2 Le Temple du Goàî.

Sc disent que puisque Lucrèce, né à Rome*embelliísoit Epie ure en Latin, son Adversaire,né à Paris, devoir le combattre en Français.Enfín , après beaucoup de ces retardemensagréables, nous arrivâmes jusqu à l'Autel, &fusquau Trône du Dieu du Çoût.

Je vis ce Dieu qu en vain j’implore,

Ce Dieu charmant que l’on ignore,

Quand on cherche à le définir ;

Ce Dieu qu on ne fait point servir,

Quand avec scrupule on l’adore,

Que la Fontaine fait sentir,

Et qije Vadius cherche encore.

Il se plaisoit à consulterCes grâces simples & naïves,

Dont la France doit se vanter ;

Ces grâces piquantes & vives,

Que les Nations attentivesVoulureqt souvent imiter ;

Qui de l'Art ne sont point captives ;

Qui régnoient jadis à la Cour,

Et que la Nature 8c l’Âmour '

Avoient fait naître fur nos Rives:

U est toujours environnéDe leur Troupe tendre & lègere :

C’est par leurs mains qu’il est orné,

C’est par leurs charmes qu’il fait plaire.Elles-mêmes sont couronnéD’un Diadème qu’au ParnasseComposa jadis Apollon,

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