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Tome premier
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ïô Mémoires

qui fe mêloient d’AltroIogie. La chofe fut trai-tée de bagatelle. Cependant l’Abbé de Marivauxétoit fi perfuadé de la certitude de fa prédiétion,qu’il l'avoit publiée avec toutes ces circonftances,& quelques-uns de fes amis l’ayant rencontré auCours le jour qu’elle eut fon effet, & lui ayantdit tout haut que M, de Beaufort étoit encore àVincennes , il lui répondit froidement qu’il n’é-toit pas encore quatre heures , & qu’il falloitqu’elles fuffent pafiees avant qu’il fut en droit defaire des railleries. Enfin l’affaire fit tant de bruit,& les Avis réitérez qui furent donnez au Cardi-nal , firent tant d’impreffion fur fon efprit qu’ildépêcha un Exprès au Sr. de la Ramée , pourl’avertir de fe tenir fur fes gardes , fans s’expli-quer davantage; mais la Ramée n’avoit garde defoupçonner Vaugrimaut, qui étoit fon hommede confiance.

D’un autre côté les nouvelles qui arrivoicnttous les jours de Munfter faifant defefperer de laPaix achevèrent de fouleverlesEfpritsdu Peuple,qui rejettoit fur le Cardinal le retardement & lesobftacles de fa conclufion.

Dès l’année 1643. la Cour avoit envoyé àMunfter M. le Duc de Longueville, & Mrs,d*Avaux & Servien en qualité de Plénipotentiaires,où après plufieurs diflicultez fufeitées par Servienqui avoit lefecret du Cardinal, on ne laiffa pas deconvenir de plufieurs Articles qui furent trouvezjuftes & avantageux à la France par Mrs.de Lon-gueville & d’Avaux. Il eft même certain que cesdeux Plenipotentiairesétoient difpofez à les ligner^mais Servien s’y étant oppofé ils n’eurent pas a(-fez de courage pour le faire , quoi que leursCommilfions leur donnaffent le pouvoir de lignerlors qu’ils feroient deux d’un même avis. Aprèsquoi M. de Longueville étant revenu en France,

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