P E M. J O U 123
au Cardinal toutes les avenues pour le retour.C’eft pourquoi le Parlement reprit avec chaleurles délibérations precedentes qui furent fuivies denouveaux Arrêts contre lui , & on envoya desDéputez, fur la frontière pour informer du troplong féiour qu'il avoit fait dans quelques lieux defon paffage afin de l’obliger à fortir du Royau-me , & d’empêcher les Gouverneurs des Placesfrontières à lui donner retraite. Cependant Ma-dame de Longueville, & le Duc de Beaufort quiavoier.t eu peu de part à l’élargiflément des Prin-ces , & qui craignoient d’en avoir encore moinsdans les affaires , s’ils fouffroient la confomma-tion du mariage de Mr. le Prince de Conti avecMademoifelle de Chevreufe , faifoient tous leursefforts pour empêcher cette alliance ; & commeils penetroient mieux que perfonne dans les fen-timens de Mr. le Prince , ils crurent que ce n’é-toit pas beaucoup hazarder que de laiffer entre-voir à la Reine , que Son Alteffe n’étoit pas tel-lement unie avec les Frondeurs , qu’il n’en putêtre feparé, en lui accordant certaines grâces pourlui & pour fes amis. Cette ouverture fut reçûëfort agréablement de la Reine , & Mr. le Cardi-nal en ayant été informé lui écrivit auffi-tôt d’of-frir la carte blanche à Mr. le Prince. Néanmoinscomme fon deffein n’étoit que d’entrer en négo-ciation , pour tâcher de tourner à fon avantagele bénéfice du tems, Sa Majefté , fous prétextede vouloir éprouver fi elle pouvoit prendre con-fiance en ce qu’on lui difoit, fit propofer à S. A.de faire ceder l’Affemblée de la Noblede, qui s’é-toit augmentée fi conliderablement depuis fa li-berté , qu’il fe trouvott aux Cordeliers deux ou troisfois la tèmaine 7. à 8oo.Gentilhommes des meil-leures maifons deFrance,dont quelques-uns étoientporteurs de Procurations. De forte que cette Ai-
feni-