lia Mémoires
gens croffent qu’ils ne le dévoient pis faire. Maisoutre les confédérations qui les y engagèrent, ileft certain qu’à la referve des Marquis de Noir-moutier & de Laigues, tous les autres Chefs duparti n’avoient contribué à la prifon des Princesque par force, contre leur inclination , & pouréviter leur derniere ruine, ayant fait auparavanttous leurs efforts pour engager Mr. le Prince à feracommoder avec eux. La Reine n’ayant eonfen-ti que par force à l’éloignement du Cardinal, 8cà la liberté des Princes , ce qui fe paifa dans lafuite ne fut qu’une continuation des premières in-trigues. Ce n’eft pas que l’éloignement & la li-berté des Princes fit tant de peine à Sa Majefté,elle n’étoit bleffée que deTabfence du Cardinal:8c comme l’union des Princes avec les Frondeursen étoit la caufe, 8c un obftacle invincible à fonretour, elle mit toute fon application à la rompre,fuivant les mémoires qu’elle recevoit tous lesjours du Cardinal. Les voyages frequens des Cou-rrers qui alloient 8c revenoient de ce côté-là étantvenus à la connoilfance du public, excitèrent degrands murmures parmi le Peuple , 8c donnè-rent beaucoup d’ombrages aux Princes 8c au Par-lement.
Mr.le Prince paroiffoit toujours dans le mêmefentiment, 8c fort animé contre le Cardinal. Lavérité eft pourtant qu’il avoit déjà quelque pen-fee de fe raccommoder avec lui, 8c que toutesfes démarches ne tendoient qu’à lui faire peur 8cà le réduire à la necefîité de fe foumettre entiè-rement à lui, pour fe rendre par ce moyen, fui-vant fes anciens projets, le Maître abfolu du Ca-binet 8c des affaires. Mais comme fes fentimensn’étoient connus que de peu de perfonnes , 8cqu’il ne faifoit rien qui put les faire foupçonner,tout le monde travailloit de bonne foi à fermer
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