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Galerie Des Grands Écrivains Français : Tirée Des Causeries Du Lundi Et Des Portraits Littéraires / Par M. Sainte-Beuve De L'Academie Française ; Illustrée De Portraits Gravés Au Burin Par MM. Goutière, Delannoy, Leguay, Nargeot, Etc. D'Après Les Dessins De Staal, Philippoteaux, Etc.
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RONSARD, hl

a accueilli ; il l’adressait à sa dame en lui envoyant un bouquet, uneaprès-midi :

3e vous envoie un bouquet que ma mainVient de trier de ces fleurs épanies;

Qui ne les eût à ce vespre cueillies,

Chutes à terre elles fussent demain.

Cela vous soit un exemple certain

Que vos beautés, bien qu’elles soient fleuries,

En peu de temps cherront toutes flétries,

Et comme fleurs périront tout soudain.

Le temps s’en va, le temps s’en va, ma Dame;•Las! le temps non, mais nous nous en allons,Et tôt serons étendus sous la lame :

Et des amours desquelles nous parlons,

Quand serons morts, n’en sera plus nouvelle :Pour ce aimez-moi cependant qu’êtes belle.

Remi Belleau, dans son Commentaire, a fait remarquer que ce sonnetest imité d’une petite pièce latine de Marulle; il ne dit pas qu’il pour-rait aussi bien paraître imité de cette jolie épigramme de l’Anthologie,et qui est du poëte Rufin :

« Je t’envoie, Rhodoclée, cette couronne qu’avec de belles fleurs j’aimoi-même tressée de mes mains : il y a un lis, un bouton de rose, uneanémone humide, un tiède narcisse, et la violette à l’éclat sombre. Ainsicouronnée, cesse d’être trop fière! tu fleuris et tu finis, et toi et lacouronne. »

13 octobre 1833.