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Galerie Des Grands Écrivains Français : Tirée Des Causeries Du Lundi Et Des Portraits Littéraires / Par M. Sainte-Beuve De L'Academie Française ; Illustrée De Portraits Gravés Au Burin Par MM. Goutière, Delannoy, Leguay, Nargeot, Etc. D'Après Les Dessins De Staal, Philippoteaux, Etc.
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RACINE.

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naïf du sublime et le naïf du gracieux, et sinterdit soigneusement lunet lautre. 11 ne dit pas comme Lamartine :

Osias nétait plus ; Dieu mapparut : je visAdonaï vêtu de gloire et dépouvante ;

Les bords éblouissants de sa robe flottanteRemplissaient le sacré parvis.

Des séraphins debout sur des marches divoireSe voilaient devant lui de six ailes de feux ;

Volant de lun à lautre, ils se disaient entre eux :

Saint, Saint, Saint, le Seigneur, le Dieu, le roi des dieux!

Toute la terre est pleine de sa gloire !

Il ne dirait pas dans ses chœurs, quand il fait parler limpie voluptueux :

Ainsi quon choisit une roseDans les guirlandes de Sarons,

Choisissez une vierge écloseParmi les lis de vos vallons :

Enivrez-vous de son haleine,

Écartez ses tresses débène,

Goûtez les fruits de sa beauté.

Vivez, aimez, cest la sagesse :

Hors le plaisir et la tendresse,

Tout est mensonge et vanité.

11 ne dirait pas davantage :

O tombeau ! vous êtes mon père ;

Et je dis aux vers de la terre :

Vous êtes ma mère et mes sœurs.

Royal : en attendant, je me borne à en tirer les remarques que voici : « Quelle erreur nousavons soutenue autrefois ? Il nous paraissait quAlhalie aurait été plus belle, sil y avait eules grandes statues dans le vestibule, le bassin dairain, etc. Cela, au contraire, présentédisproportionnément, nous eût caché le vrai sujet, le Dieu un et spirituel, invisible et quiremplit tout. Peu de décors dans Racine ; et il a raison au fond : lunité du Dieu invisibleen ressort mieux. Lorsque Pompée, usant du droit de conquête, entra dans le Saint desSaints, il observa avec étonnement, dit Tacite, quil ny avait aucune image, et que lesanctuaire était vide. Cétait un dicton populaire, en parlant des Juifs, que

Nil prœter nubes et cœli nwnen adorant . »