RACINE.
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dualité distincte, et nous retrace presque partout le profil noble, tendreet mélancolique de l’homme avec la date du temps. D’où il résulte aussique vouloir ériger ce style en style-modèle, le professer à tout proposet en toute occurrence, y rapporter toutes les autres manières comme àun type invariable, c’est bien peu le comprendre et l’admirer biensuperficiellement, c’est le renfermer tout entier dans ses qualités degrammaire et de diction. Nous croyons faire preuve d’un respect mieuxentendu en déclarant le style de Racine, comme celui de La Fontaine etde Bossuet, digne sans doute d’une éternelle étude, mais impossible,mais inutile à imiter, et surtout d’une forme peu applicable au dramenouveau, précisément parce qu’il nous paraît si bien approprié à ungenre de tragédie qui n’est plus.
Janvier 1830.
Pour compléter ces jugements sur Racine, on peut chercher ce quej’en ai dit plus tard dans une étude reprise à fond et développée, autome Y de Port-Royal (liv. VI, chap. x et xi). Il y a moins de désaccordqu’on ne le supposerait entre les vues de la jeunesse et celles de lamaturité.