BOSSUET.
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III 1
Combien de fois n’a-t=on pas cité les Mémoires manuscrits del’abbé Le Dieu ! Tous ceux qui ont écrit sur Bossuet en ont fait unample et continuel usage : M. de Bausset en a tiré des secours facilespour son intéressant et agréable récit; M. Floquet, dans les estimables etméritoires volumes si bien appréciés ici même 2 par M. Nisard, y a aussipuisé abondamment. Enfin, voici ces mémoires, voici ce journal de LeDieu qui paraissent ; et ; avant tout, il faut remercier M. l’abbé Guettéed’avoir mis le public à même de s’en faire une exacte et complète idée.On aime aujourd’hui à revenir aux sources, et l’on se pique de formerson jugement sur les pièces mêmes : il y aura toujours bien peu d’es-prits, je le crois, qui prendront sérieusement cette peine, mais chacunaime du moins à se dire qu’il le peut.
S’il y a dans ces volumes quelques questions accessoires, étran-gères à ce qui en doit faire le principal intérêt, je les laisserai de côté,pour ne m’attacher qu’à la personne et au caractère de Bossuet même,et je tâcherai de marquer en quoi la publication présente ajoute à l’idéede ce grand homme et augmente ou modifie sur quelques points lesnotions qu’on a de lui.
Une première question et la plus naturelle est de savoir si cesMémoires et ce Journal de l’abbé Le Dieu répondent à l’attente qu’onen avait et à ce que les fragments cités faisaient espérer. Je dirai toutd’abord qu’ils n’y répondent qu’en partie ; mais, tels qu’ils sont, ilsachèveront de déterminer avec précision, vérité, et sans exagérationaucune, dans tous les esprits qui se laisseront faire, les traits de cettebelle et juste figure de Bossuet. La grandeur, sur la fin, n’en souffre-
1. Mémoires et Journal de l'abbé Le Dieu sur la vie et les ouvrages de Bossuet, publiés pourla première fois par M. l’abbé Guettée. (Didier, quai des Augustins, 35.)
2. Dans les deux articles du Moniteur des 10 et 24 décembre 1855.