REGNIARD.
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gant et freluquet, dont le saute , Marquis ! est resté proverbial, et dansbien d’autres portraits qu’il introduit incidemment, Regnard a peint lesanoblis, les enrichis, les fats de toutes sortes qui vont être bientôt lemonde de la Régence. Il a fait de même dans le chevalier du Distrait ,et en général dans ses personnages épisodiques. En lisant Regnard, onest frappé de cette idée qu’il donne des mœurs finales du règne deLouis XIY. Ce grand roi avait régné trop longtemps; il en était résulté,durant les quinze ou vingt dernières années, un régime convenu ethypocrite sous lequel couvaient et levaient déjà la tête les vices et lesridicules d’un certain genre, qui n’attendaient plus que le jour et l’heurepour déborder. Regnard, qui ne devait pas assister à ce débordement etqui mourut avec Louis XIY, voyait au naturel et peignait avec saillieces générations affectées et grossières, dont nous trouvons également leportrait en vingt endroits des lettres de M ,Tie de Maintenon. Chose remar-quable ! la femme sensée et rigide, le comique riant et un peu dissoludisent la même chose; M me Grognac et Lisette chez Regnard, quandelles parlent des jeunes gens à la mode, font le pendant exact de ceque M me de Maintenon racontait à M me des Ursins sur les jeunes femmesà la mode au temps de la duchesse de Rourgogne : des deux côtés, c’estle jeu effréné, c’est le vin, le contraire en tout du sobre et du poli; l’or-gie avait commencé à huis clos sous Louis XIV.
Regnard, qui menait à sa manière quelque chose de ces mêmesmœurs, en ne les corrigeant que par l’esprit, ne songeait pas trop, enles peignant, à faire une leçon ; il donnait carrière à sa veine et à cedémon de gaieté qui l’animait. Placé à côté de Molière, Regnard s’endistingue en ce qu’il rit avant tout pour rire. Dans Molière, au fond ducomique il y a un honnête homme qui n’est indifférent ni au bien, ni aumal, ni au vice ni à la vertu, il y a même quelque peu un misanthrope :dans Regnard, au fond, il n’y a que le bon vivant et l’homme déplaisir leplus désintéressé et le plus libre, à qui la vie n’est qu’un pur carnaval.Chez Beaumarchais, si on le rapprochait de tous deux, qui sont sesmaîtres, on rencontrerait, jusque dans le comique, un peu le charlatan,le prêcheur du jour et le faiseur.
Tel qu’il est, Regnard reste original et sans comparaison. Il estartiste même à travers ses négligences. Prenez-le dans ses quatre excel-lentes pièces en vers, le Joueur (1694), les Folies amoureuses (1704),
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