REGNARD. *
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Il est aisé , en effet, c’est bien le mot, c’est sa devise ; il est par tem-pérament et par humeur, le plus gai des hommes, il a le rire le plusfranc et le plus naturel, le style le plus naïf et du meilleur cru : ne luien demandons pas davantage. Continuons d’aimer en lui un don denature, une veine unique que rien n’altère ni ne mélange, et ne lui prê-tons ni plus de portée morale ni plus de philosophie qu’il n’a prétenduen avoir. Il était de ceux qui sont nés avant tout pour se divertir eux-mêmes en divertissant les autres, et il en a usé largement. Regnard,(( garçon et fameux poète », comme il est qualifié dans les actes de l’étatcivil, mourut subitement à son château de Grillon dans les premiersjours de septembre 1709; il était dans sa cinquante-cinquième année.On n’est pas d’accord sur les causes et les circonstances de sa mort.Voltaire l’attribue au chagrin et fait même entendre que cet homme sigai avança ses jours; d’autres disent qu’il est mort d’indigestion et d’unemédecine prise mal à propos. A la distance où nous sommes, il nous estimpossible de nous décider entre ces diverses propositions, dont aucunen’est contraire à l’idée qu’on peut se faire du régime ou même desprincipes de Regnard.
Lundi, 4 octobre 4852.
pièce charmante, où tons les inconvénients possibles du célibat sont peints vivement, et oùl’auteur n’a rien oublié, si ce n’est peut-être de résumer d’une manière précise et directe, endix ou douze vers, la morale de son ouvrage. » Mais il m’a semblé que cette leçon se perd dansle rire; on oublie de la tirer, et la folie de la forme emporte le fond.