VOLTAIRE.
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des lettres, et quelques légères inexactitudes dans les notes. Il n’est pascommode pour le lecteur que ces volumes, qui sont un supplément à laCorrespondance générale, renferment eux-mêmes deux supplémentssubsidiaires ; dans une réimpression on devrait mettre ordre à ce déran-gement. Quant aux notes, je ferai observer que le curé Meslier (tome I,page 349) était curé à’Étrépigny et de But, et qu’il ne s’agit point là delord Bute', que, si le Pollion de Thieriot (tome 1, page 65) est en effetM. de la Popelinière, ce Pollion, à deux pages de là (page 63), n’estprobablement pas le duc de Richelieu ; que, si le marquis d’Argensonperdit le portefeuille des affaires étrangères, ce ne fut point purementet simplement, comme on l’affirme (tome I, page 263), parce qu’il avaitdes sentiments gén éreux et de la probité, mais aussi parce qu’il étaitutopiste et secrétaire d'Ètat de la république de Platon', qu’il est douteuxque l’ami qui servait de lien entre Diderot et Voltaire (tome II, page 519),fût Thieriot, et qu’il est bien plus vraisemblable que c’était Damilaville ;que si Ton prodigue le contre-seing Belle-Isle (tome I, page 370) pourfaire arriver les lettres franc de port, ce ne sont pas messieurs de Laportequi en seront mécontents, mais plutôt messieurs de la Poste, etc., etc.Ce sont là des riens. M. Alphonse François, fort au-dessus par son espritet par son goût de ce travail d’annotateur, a montré qu’il en était plusque capable dans des notes spirituelles et fines toutes les fois qu’ils’agissait de théâtre et de comédie. M. Alphonse François est de cesesprits délicats et de ces hommes heureux qui, dès leur jeunesse, ontpris le parti de goûter les belles choses et les choses exquises, plutôt quede se fatiguer à en produire; c’est un dilettante classique dont je puisparler pertinemment, car d’un âge approchant du mien, mais de bonneheure très-mûr, il a eu autrefois des bontés pour mon enfance. Nul nesavait mieux que lui, au collège, aiguiser le vers latin et même tournerle vers français en un genre qu’on était déjà près d’abandonner :
Sous lui bâille un commis qui l’aide à ne rien faire,
disait-il agréablement dans une épîtreà je ne sais quel avocat_sans cause 1 .Amateur de l’orchestre, sachant son ancien théâtre et les traditions du
1. Il faut être exact de tout point : l’Épître de M. François est adressée à un jeuneclerc, et dans le vers cité il s’agit du commis d’un greffier.