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Lettres choisies de Madame de Sévigné / precédées d'une notice par Grouvelle ; d'observations littéraires par Suard ; accompagnées de notes explicatives sur les faits et sur les personnages du temps ; ornées d'une galerie de portraits historiques ; dessinés par Staal ; gravés au Burin par Massard, F. Delannoy, Regnault, Outhwaitte, etc.
Entstehung
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NOTICE

S l' H

MADAME DE GRIGNAN

l Ali G RO U VE L LE

Les portraits de madame de Grignon . duuucut 1 idée ilune beauté remarquable etsurtout intéressante, et lempressemeut de ses amis pour eu tirer des copies montrequils nétaient point flattés. Des vers prouvent peu; mais ceux de Benserade, commehommage public, sont un témoignage assez fort. Cette beauté brûlera le monde: cefut, quand elle parut à la cour, l'expression du marquis de Trévilie, si distingué par lajustesse et lénergie de sou langage. « Rien de si aimable et de si assorti que son espritet sa personne : >> cétait la louange exquise que lui donnait madame Scarron. Aussivoit-on quelle aima elle-même sa propre beauté, au point de lui sacrifier une partie desa santé; elle craignit un moment que trop dembonpoint ne lui ôtât ces grâces sveltesqui en avaient fait une danseuse brillante; elle eut recours à des moyens peu salubrespour conserver sa taille aux dépens de sa poitrine.

Comme les lettres de sa mère sont semées de traits brillants cités des siennes mêmes,ou ne savisera pas de nier quelle ne fût très-spirituelle; mais on trouve du moins àmordre sur son genre desprit, car les billets qui restent delle, quoique dun tourélégant et noble, étant adressés à des indifférents, ne peignent ni son esprit ni soncaractère,

A légard de son instruction, peu de femmes en eurent une plus solide et plus variée;mais cest de ce mérite même quon lui fait un crime. Elle savait un peu le latin; elleécrivait et parlait bien la langue italienne; surtout elle avait appris la philosophie deDescarles. Tout ce quavaient dinaccessible celte physique et cette métaphysique nou-velles avait été franchi par sa pénétration. Elle en comprenait ce qui pouvait se com-prendre, et croyait en saisir lensemble. De tout cela on a conclu quelle devait êtrepédante. Par sa position, par les lettres de sa mère, on voit clairement qu elle ne lit ducartésianisme que l'amusement de quelques entretiens avec des amis, qui 1 étudiaient