Buch 
Lettres choisies de Madame de Sévigné / precédées d'une notice par Grouvelle ; d'observations littéraires par Suard ; accompagnées de notes explicatives sur les faits et sur les personnages du temps ; ornées d'une galerie de portraits historiques ; dessinés par Staal ; gravés au Burin par Massard, F. Delannoy, Regnault, Outhwaitte, etc.
Entstehung
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Je naime point à avoir des secrétaires qui aient plus desprit que moi : ilsl'ont les entendus, je nose leur faire écrire toutes mes sottises ; la petite fillemétoit bien meilleure. Jai toujours dessein daller à Bourbon ; jadmire leplaisir quon prend à men détourner, sans savoir pourquoi, malgré lavis detous les médecins.

Je causois hier avec dHacqueville sur ce que vous me dites que vous viendrezinyvoir. Je ne vous dis point si je le désire, ni combien je regrette ma vie ; jeme plains douloureusement de la passer sans vous. Il semble quon en ait uneautre, lon réserve de se voir et de jouir de sa tendresse ; et cependant cestnotre tout que notre présent, et nous le dissipons ; et lon trouve la mort. Jesuis touchée de cette pensée. Vous jugez bien que je ne désire donc que dêtreavec vous ; cependant nous trouvâmes quil falloitvous mander que vous pris-siez un peu vos mesures chez vous. Si la dépense de ce voyage empêchoit celuide cet hiver, je ne le voudrois pas, et jaimerois mieux vous voir plus long-temps ; car je nespère point daller à Grignan, quelque envie que jen aie. Lebon abbé ny veut point aller; il a mille affaires ici, et craint le climat. Or jenai pas trouvé dans mon Traité de lingratitude quil me fût permis de le quitterdans lâge il est ; et, comme je ne puis douter que cette séparation ne luiarrachât le cœur et lâme, mes remords ne me donneroient aucun repos silmouroit dans cette absence. Ce seroit donc pour trois semaines que nous nousôterions le moyen de nous voir plus longtemps. Démêlez cela dans voireesprit, et suivant vos desseins, et suivant vos affaires; mais songez queuquelque temps que ce soit, vous devez à mon amitié et à létat jai été lasensible consolation de vous voir. Si vous vouliez revenir ici avec moi do Bour-bon, cela seroit admirable : nous passerions notre automne ici ou â Livry; et,cet hiver, M. de Grignan viendrait nous voir et vous reprendre. Voilà qui seroitle plus aisé, le plus naturel et le plus désirable pour moi ; car enfin vous devezme donner un peu de votre temps pour lagrément et le soutien de ma vie.Rangez tout cela dans votre tête, ma chère enfant : il nv a point de temps àperdre; je partirai pour Bourbon ou pour Vichy dans le mois qui vient.

Vous voulez que je vous parle de ma santé ; elle est très-bonne, hormismes mains et mes genoux, je sens quelques douleurs. Je dors bien, jemange bien, mais avec retenue : on ne me veille plus : jappelle, on me donnece que je demande. Ou me tourne, et je mendors. Je commence à manger de