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Lettres choisies de Madame de Sévigné / precédées d'une notice par Grouvelle ; d'observations littéraires par Suard ; accompagnées de notes explicatives sur les faits et sur les personnages du temps ; ornées d'une galerie de portraits historiques ; dessinés par Staal ; gravés au Burin par Massard, F. Delannoy, Regnault, Outhwaitte, etc.
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LETTRES RE MADAME DE SÉVIT,NÉ

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vous sentez mieux que personne ; et si vous trouvez que vous ayez assez de forcepour aller à Grignan, et que tout d’un coup vous trouviez que vous n’en avezpas assez pour revenir à Paris ; si enfin les médecins de ce pays-là, qui ne vou -(Iront pas que l’honneur de vous guérir leur échappe, vous mettent au poinld’être plus épuisée quevousne l’êtes, ah ! ne croyez pas que je puisse résisterà cette douleur. Mais je veux espérer qu’à notre honte tout ira bien. Je ne mesoucierai guère de Pâliront que vous ferez à Pair natal, pourvu que vous sovezdans un meilleur état. Je suis chezla bonnoTroehe, dont l’amitié est charmante;nulle autre ne m’étoit propre. Je vous écrirai encore demain un mot ; ne m’ôtezpoint cette unique consolation. J’ai bien envie de savoir de vos nouvelles ; pourmoi, je suis en parfaite santé : les larmes ne me font point de mal. J’ai dîné,je m’en vais chercher madame de Vins et mademoiselle de Méri. Adieu, meschers enfants; que cette calèche que j’ai vue partir est bien précisément cequi m’occupe et le sujet de toutes mes pensées!

A LA MÊME

A Paris, mercredi 9 juin 1G77.

Je fus donc hier chez madame de Vins et chez mademoiselle de Méri,comme je vous avois dit ; elles n’avoient reçu ni l’une ni l’autre les petits bil-lets que je vous fis écrire pour elles : ce dérangement me mit en colère contre» le bel abbé [de Gritpmn). Je regrettai de ne m’être pas chargé de toutes vospetites dépêches; j’aime la ponctualité. Mais, ma chcre enfant, comment vousportez-vous? n’avez-vous point un peu dormi? Vous êtes partie présentement,quoiqu’il ne soit que six heures du matin. Madame de Coulanges m’envoie pro-poser, deChaville, où elle est, de Palier prendre pour aller dîner à Versailles,avecM. de Louvois, que je ne trouverais de longtemps sans cela. Je vais doncfaire cette petite corvée; M. de Barillon vient avec moi. Je me porte très-bien ; plût à Dieu que votre beau tempérament eût repris sa place chez vous,comme le mien a fait chez moi ! votre santé est Punique soin de ma vie.J’appris encore hier que rien n’est si bon que Peau de poulet, et que ma-dame du Fresnoi 1 s’en est très-bien trouvée. Mademoiselle de Méri est plushabile par sa propre expérience qu’un médecin qui se porte bien, par la sienne :elle doit vous écrire et m’envoyer son billet. Adieu, mon ange : je vous rends

1 t cimnc du premier commis du marquis de Louvois,