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Lettres choisies de Madame de Sévigné / precédées d'une notice par Grouvelle ; d'observations littéraires par Suard ; accompagnées de notes explicatives sur les faits et sur les personnages du temps ; ornées d'une galerie de portraits historiques ; dessinés par Staal ; gravés au Burin par Massard, F. Delannoy, Regnault, Outhwaitte, etc.
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LETTRES DE *11A DAME DE SÉVIGNÉ

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crois pas qu’il y ait d’exemple d’une pareille conduite, de venir renverser lechâteau de ses pères, et de le rendre inhabitable. Je m’en vais en écrire àM. de la Garde: je suis assurée qu’il pensera comme nous.

Je ne veux point encore songer au départ de nos pauvres Grignaus ; cela metouche sensiblement, et j’admire comme vous la résolution de M. le cheva-lier : le Dieu des armées le soutiendra, car il ne lui faut pas un moindreappui. Madame de Chaulnes me mande que je verrai Esther ; que madamede Coulanges viendra à Versailles avec moi, et qu’elie nous donnera sonéquipage, car je ne vais qu’à cette condition.

Adieu, très-chère et très-aimable ; je vous embrasse mille fois. Mon Dieu!que tous vos sentiments passent vite dans mon cœur ! que tous vos intérêtssont véritablement les miens !

A LA MÊME

\ Paris, lundi 21 février 1689.

Il est vrai, ma chère fille, que nous voilà bien cruellement séparées l’une del’autre, acofa trembla Ce seroitimc belle chose si j’yavois ajouté le chemind’ici aux Rochers ou à Rennes ; mais ce ne sera pas sitôt : madame de Chaul-nes veut voir la fin de plusieurs affaires, et je crains seulement qu’elle ne parletrop tard, dans le dessein que j’ai de revenir l’hiver prochain, par plusieursraisons, dont la première est que je suis très-persuadée que M. de Grignan seraobligé de revenir pour sa chevalerie, et que vous ne sauriez prendre un meilleurtemps pour vous éloigner de votre château, culbuté et inhabitable, et venir faireun peu votre cour avec M. le chevalier de l’ordre, qui ne le sera qu’en cetemps-là. Je fis la mienne l’autre jour àSaint-Cyr, plus agréablement que jen’eusse jamais pensé. Vous y allâmes samedi, madame de Coulanges, madamede Bagnols, l’abbé Têtu et moi. Nous trouvâmes nos places gardées.

Un officier dit à madame de Coulanges que madame de Maintenon lui faisoitgarder un siège auprès d’elle : vous voyez quel honneur. «Pour vous, madame,me dit-il, vous pouvez choisir. » Je me mis avec madame de Bagnols au secondbanc derrière les duchesses. Le maréchal de Bellefonds vint se mettre, parchoix, à mon côté droit, et devant c’étoient mesdames d’Auvergne, de Coisünet de Sully. Nous écoutâmes, le maréchal et moi, cette tragédie avec une atten-tion qui fut remarquée, et de certaines louanges sourdes et bien placées, qui

Phrase provençale.