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Lettres choisies de Madame de Sévigné / precédées d'une notice par Grouvelle ; d'observations littéraires par Suard ; accompagnées de notes explicatives sur les faits et sur les personnages du temps ; ornées d'une galerie de portraits historiques ; dessinés par Staal ; gravés au Burin par Massard, F. Delannoy, Regnault, Outhwaitte, etc.
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je suis assurée que vous n’avez pas pu vous y ennuyer, el je parie pour cetledissipation contre celle d’Aix,

Mais ce samedi même, après cette belle Esther , le roi apprit la mort de lajeune reine d’Espagne 1 , en deux jours, par de grands vomissements : cela sentbien le fagot. Le roi le dit à Moxsieuii le lendemain, qui étoit hier : la dou-leur fut vive, Maiumk crioit les hauts cris; le roi en sortit tout en larmes.

On dit de bonnes nouvelles d’Angleterre : non-seulement le prince d’Orangen’est point élu, ni roi, ni protecteur, mais on lui fait entendre que lui et sestroupes n’ont qu’à s’en retourner : cela abrège bien des soins. Siceltenou-velle continue, notre Bretagne sera moins agitée, et mon fils n’aura point lechagrin de commander la noblesse de la vicomté de Rennes et de la baronniede Vitré. Ils l’ont élu malgré lui pour être à leur tète : un autre serait charméde cet honneur; mais il en est fâché, n’aimant, sous quelque nom que cepuisse être, la guerre par ce côté-là.

Votre enfant est allé à Versailles pour se divertir ces jours gras; mais il atrouvé la douleur de la reine d’Espagne : il seroit revenu, sans que son oncle leva trouver tout à l’heure. Voilà un carnaval bien triste et un grand deuil. Noussoupâmes hier chez le civil (M. le Camus ), la duchesse du Lude, madame deCoulanges, madame de Saint-Germain, le chevalier de Grignan, M. de Troyes,Corbinelli et moi. Nous fûmes assez gaillards; nous parlâmes de vousaveebiende l'amitié, de l’estime, du regret de votre absence, enfin, un souvenir toutvif : vous viendrez le renouveler.

Madame deDurfort se meurt d’un hoquet d’une fièvre maligne. Madame dela Vieuville aussi du pourpre de la petite vérole. Adieu, ma très-aimable: detous ceux qui commandent dans les provinces, croyez queM. de Grignan estle plus agréablement placé.

A LA MÊME

À Pain* 1 , mercredi des Cendres, 25 février 1689.

Ma chère enfant, votre vie de Marseille me ravit ; j’aime cette ville, qui neressemble à aucune autre. Ah ! que je comprends bien les sincères admirationsde Pauline! que cela est naïf! que cela est vrai! que toutes ses surprises sontneuves ! que je la crois jolie! que je lui crois un esprit qui me plaît! Il me

1 Marie-Louise d'Orléans, fille de. Monsieur, et de Henriette-Anne d'Anglelerre, sa premièrefemme.

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