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I. HT ï II K S DE MADAME DE S É Y IGNÉ
M. Gui 1 de nous taire rccoininencer toutes les raisons invincibles de votreprocès. J’avois avec moi le trop aimable Jloehon 2 , qui fait voir, par deux petitsmémoires de sa façon, qu’il n’y a nulle contrariété d’arrcts. Il a parfaitementinstruit mon bon M. Bailly, qui retourne demain, pour l’amour de nous, dansce même tribunal où il fit si bien triompher autrefois la justice de ma cause; iln’en fera pas moins pour vous : cela crie vengeance.
Si la justice est écoulée, on traitera la requête comme une pièce folle,téméraire et sans fondement; si la requête est reçue, nous lâcherons nos lettres(l'État*, et vous viendrez cet hiver remporter celte victoire. Mais M. Gui courtdeux lièvres à la fois : le jour qu’il présenta une requête au grand conseil, ilen présenta une autre à la quatrième 4 ; cela lait de l’indignation et de la colère.Tous vos grands amis font leur devoir parfaitement, M. le chevalier au delàde tout ce qu’on peut dire.
A M. n K G 111 G X A X
Mou cher comte, je me réjouis de votre retour. Vous avez été dans le paysdes chèvres; car il n’y a que ces jolies personnes qui puissent gravir dans cesrochers : la pensée m’en fait mal. Je vous prie que ces démons (les huguenots),qui paroissent et disparoissent dans un moment, ne vous donnent pas souventde pareilles peines. Vous en auriez bien moins à vous défendre ici de la furiede M. Gui, toujours soutenu de l’ignorance capable de madame de B... . s , queje trouvai l’autre jour tête pour tête, et qui ne se corrige point de dire dessotlises. Je demande pardon à M. le coadjuteur de parler ainsi de son ancienneamie; mais elle est si indigne de cette qualité, que je ne m’en contrains plus.Il ne faut point s’inquiéter de cette chicane ; de quelque manière qu’elletourne, elle ne peut vous faire de mal. Je vous embrasse, mon cher comte.
A MADAME de GRIGXA.X
Je reviens à vous, ma fille. J’ai été ravie que vous ayez dit amen sur toutesles bagatelles que je vous mandois. Vous avez suivi mon conseil : je suis tou-
1 Chargé des affaires de M. d'Ai uebonne, qui était en procès avec M. de Grignan.
2 Chargé des affaires de M. de Grignan.
3 On appelait ainsi des lettres qui s’expédiaient au grand sceau, en faveur des personnesemployées au service de l'Etat ; elles avaient l’effet de suspendre pendant six mois les procé-dures des affaires civiles dans lesquelles ces personnes étaient intéressées.
1 A la quatrième chambre des enquêtes du parlement de Paris.
5 La comtesse de Bury, sœur de 51. d'Aiguehonne, l'adversaire de M. de Grignan.