Buch 
Lettres choisies de Madame de Sévigné / precédées d'une notice par Grouvelle ; d'observations littéraires par Suard ; accompagnées de notes explicatives sur les faits et sur les personnages du temps ; ornées d'une galerie de portraits historiques ; dessinés par Staal ; gravés au Burin par Massard, F. Delannoy, Regnault, Outhwaitte, etc.
Entstehung
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F. ET TU ES DE MADAME DE SÉVIGNÉ

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jours plus aise de la confiance qui vous fait prendre sur moi quelques écri-tures de moins que du plaisir de vous entendre, qui est toujours gâté par lapensée que cela vous tue. Je vois que madame de Cliaulnes sen ira aprèsPâques, et moi très-commodément avec elle. Ne soyez en peine à mon égardque du redoublement dabsence, et du dérangement du commerce pour quel-ques jours.

A LA MÊME

A Pmis, mercredi 16 mars 1080.

Nous avons remporté ce matin la plus jolie victoire que lon pût souhaiterdans létat présent de vos affaires avec M. dAiguebonne : cest en votre nom,ma chère bonne, que nous avons combattu etbattn vos ennemis. M. Gui avoitlancé deux lièvres, lun en contrariété darrêts par.une requête au grand con-seil ; lautre par une requête civile contre votre dernier arrêt à la quatrième desenquêtes. Nous fûmes avertis de celle du grand conseil : sans cela, les jugeseussent mis dessus : Viennent les parties; et. voilà la guerre allumée. On écrit,on plaide, on retourne sur une affaire depuis le déluge, on la ressasse, il arrivedes incidents, et avec ce petit mot, qui ne paraît quune envie de connoître etde s'instruire, on fait le plus grand mal du monde à des gens qui ne veulentplus plaider, et qui croient être jugés. Cest à un de nos amis que vous devezce premier avis. Le rapporteur, homme desprit, fut interrompu; on lassuraque cette affaire nétoit pas comme il la croyoit, et quil ny avoit nulle con-trariété; on lui dit quil falloit quil en fût mieux instruit.

Sur cela nous allons, M. le chevalier, Piochon et moi ; nous faisons voir, parles pièces mêmes de nos adversaires, que, comme les juifs, ils portent leur con-damnation. Rotdion parla divinement. On sollicite, on va chez les présidents,chez les conseillers; en trois jours on voit vingt-deux juges; on crie, on faitdu bruit, on se plaint de cette longue persécution, on réveille le dernier arrêttout d'une voix, que vous obtîntes il y a six mois : tout le monde sen souvientencore ; tout est vif, on a de lindignation pour cette affreuse chicane ; on metses amis en campagne, ou plutôt ils sy mettent eux-mêmes avec tant damitié,tant de chaleur, tant denvie de vous tirer de cette oppression, que cest leurpropre affaire : ils veulent quon mette néant sur la requête, quon la mette augreffe, et que cela tienne lieu dun arrêt qui décide tout, car la requête civiletombe quasi toute seule. Après ce jugement, il nest plus question du conseil,toute chicane est finie; et cest, du misentement de tout le monde, la plus