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Lettres choisies de Madame de Sévigné / precédées d'une notice par Grouvelle ; d'observations littéraires par Suard ; accompagnées de notes explicatives sur les faits et sur les personnages du temps ; ornées d'une galerie de portraits historiques ; dessinés par Staal ; gravés au Burin par Massard, F. Delannoy, Regnault, Outhwaitte, etc.
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et rien du tout le bien; et cest uniquement ce qui se compte dans tous lesautres pays : ainsi on a profité avec plaisir dun sentiment si rare et si noble,On ne sauroit mieux recevoir vos compliments que M. et madame de Gri-gnan les ont reçus, ni conserver pour votre mérite, monsieur, une estimeplus singulière. Nous navons quun sentiment sur ce sujet, et vous avez faitdans nos cœurs la même impression profonde que vous dites que nous avonsfaite sur vous ; ce coup double est bien heureux : cest dommage quon nesen donne plus souvent des marques. Votre style nous charme et nous plaît;il vous est particulier, et, plus que nous ne saurions vous le dire, dans notregoût : cest dommage que nous nayons encore quatre ou cinq enfants àmarier. Il est triste de penser que nous ne reverrons jamais une seule devos aimables lettres ; les traits que vous donnez à celle qui cache la moitiéde son esprit, et au degré de parenté de lautre, nous font voir que vous seriezun bon peintre, si cétoit encore la mode des portraits.

Cest à vous, monsieur, quil faut souhaiter une longue vie, afin que lemonde jouisse longtemps de tant de bonnes choses ; pour moi, je ne suis plusbonne à rien : jai fait mon rôle, et par mon goût je ne souhaiterois jamais unesi longue vie : il est rare que la fin et la lie nen soient humiliantes. Mais noussommes heureux que ce soit la volonté de Dieu qui la règle, comme toutesles choses de ce monde : tout est mieux entre ses mains quentre les nôtres.

Vous me parlez de Corbinelli; je suis honteuse de vous dire que, mécrivanttrès-peu, quoique nous nous aimions toujours cordialement, je ne lui ai pointparlé de vous. Ainsi son tort nest pas si grand; je men vais lui en écrire sanslui parler dautre chose : nous verrons si cest tout de bon que lecmne de lab-sence soit irrémissible auprès-de lui. Je ne le crois pas, en me souvenant dugoût que je lui ai vu pour vous; je serois quasi dans le même cas à son égard, sij'étois encore longtemps ici : mais il nous fera voir, comme vous, monsieur,que le fond de lestime et de lamitié se conserve et nest point incompatibleavec le silence : et cest cette seule vérité qui peut me consoler du vôtre,

.M. lit: C O b LANG CS A MADAME DE VIGNE

A Saint-Mari in. lo 17 février 1G9G,

Mais pourquoi ne pas écrire quelquefois in-folio, quand on trouve un beauet bon papier qui vous y invite? Jai reçu ici, ma très-aimable gouvernante,la grande et la petite lettre que vous avez bien voulu m ecrire en même jourpour répondre a toutes les miennes; et je suis toujours charmé de votre vioet de votre bon et loyal commerce.