LETTRES DIVERSES
dirail qu’elle est née pour chacun de ces caractères. Elle est naturelle, ellea une noble facilité dans ses expressions, et quelquefois une négligencehardie, préférable à la justesse des académiciens. Rien ne languit dans sonstvle, rien n’y est forcé; il n’y a personne qui ne crût qu’il en feroit bienautant : ma qnesto facile è quanta difficile.
Pour ce qui me regarde dans ce recueil, rua chère tille, je n’en parleraipoint; je hais les airs de vanité, et encore plus ceux d’une fausse modestie.Madame de Sévignc dit que je suis le fagot de son esprit, et moi, je dis quec’est elle qui m’allume; et ce qui me le persuade, c’est que je n’ai pas tantd’esprit avec les autres qu’avec elle. Mais enfin ce recueil est curieux, etdigne d’ètrc dans le cabinet d’un roi honnête homme, c’est-à-dire dans celuide Louis le Grand. Tous les gens délicats auroient du plaisir à le lire, si onle voyoit de notre temps; mais quel sera son prix à la postérité! car voussavez, ma chère fille, qu’en matière d’esprit,
Un aime mieux cent morts au-dessus de sa lèteQu’un seul vivant à ses côtés.
Vous trouverez encore dans ce recueil quelques lettres de madame de Gri-gnan'et de notre ami Corbinclli ; mais, outre qu’elles sont presque toutesdans celles de madame de Sévigné, c’est qu’elles ont encore leurs agréments,et qu’elles ne gâtent rien aux endroits où elles se trouvent.
Bussy-Raihitix.
LIA
IMP. SIMON BACON ET CüMJE, RUE d'eEFTRI 11, (.
PARIS