LETTRES DIVERSES
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été brisés : il lie se peut sentir de plus cruelle séparation; elle m’étonnecomme le premier jour, et me paraît, s’il se peut, plus dure, plus amère.Mon esprit appuie présentement davantage sur chaque circonstance, et ilsemble que les pointes de la douleur me pénètrent plus vivement.
Vous sentez, monsieur, la peine d’être privée du commerce et de la lidèleamitié d’une amie si estimable; jugez par vos sentiments quels doivent êtreles miens, et combien je mérite votre pitié. Je suis, monsieur, avec une parfaiteestime et un sincère respect, votre très-humble et très-obéissante servante.
La comtesse ni; Giügnaiv.
MADAME DE COULANGES A MADAME DE SI MIAMI
k Paris, ce 20 juillet 1096.
... Nous craignîmes beaucoup avant-hier pour madame de Chaulnes, qui,à la suite d’une assez mauvaise santé, eut une si grande foiblesse, qu’elleperdit connoissance; on envoya quérir des médecins, un confesseur, enfinun appareil très-propre à épouvanter. Elle se porte beaucoup mieux; elle apris aujourd’hui un peu d’émétique. J’aime cette duchesse de la vraie dou-leur quelle a eue de la perte de madame de Sévigné. Pour moi, madame,je vous avoue avec sincérité que je ne m’en consolerai jamais ; j’y pense sansfin et sans cesse, et, quand je songe que tous les retours 11e la ramènerontpoint, je ne puis soutenir une telle idée. Le malheur de ne la plus voir m’esttoujours nouveau.
LETTRE DU COMTE DE BUSSY-KABÜTIN A LA MARQUISE DE COL1GXY
(Cette lettre est placée à la tête des deux volumes in-folio, écrits de lamain du comte de Bussv, qui contiennent la copie de sa correspondance avecmadame de Sévigné.)
A LA MA1SQÜISE DE COLIGXÏ, MA Fil.LE
Vous avez souhaité, ma chère fille, que je vous donnasse un recueil de ceque nous nous sommes écrit, votre tante de Sévigné et moi. J’approuve votredésir, et je loue votre bon goût : rien n’est plus beau que les lettres de ma-dame de Sévigné; l’agréable, le badin et le sérieux y sont admirables; on