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Fables Choisies, Mises En Vers / Par J. De La Fontaine
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VIE DE.LA FONTAINE.

XXIX

elle. Il accepta cette offre, & retrouva dans cet asyle lesdouceurs L les attentions que Madame de la Sablière avoireues autrefois pour lui. Il se mit alors à traduire en vers, les Hymnes de lEglise. Mais il navança pas beaucoupdans ce nouveau genre de travail : il lavoit entrepris troptard pour être secondé de ce feu poétique qui l'a"oitautrefois animé; & qui se trouvoit alors éteint &' dissipépar lâge, la maladie«* le régime, & par les austéritésqu'il pratiquent dans fa pénitence.

Il vécut encore deux ans dans cette langueur , & plusil sentoit diminuer ses forces, plus il redoubloit de fer-veur (*). Il mourut le 12 Mars 1695, âgé de soixante-treize ans, huit mois, cinq jours; & fut enterré dans lecimetière de S. Joseph, au même endroit l'on avoirplacé le corps de son ami Molière, vingt-deux ans aupa-ravant. Lorsquon le deshabilla pour Je mettre au lit dela mort, il se trouva couvert dun cilice (f). Ce queM. Racine le fils n'a point laissé ééhapper lorsquil le dé-peint ainsi.

Vrai

de montrer clan"§ fa maison, depuis lors lhôtel dArmenonville, la Cham-bre oh La Fontaine étoit mort, comme on fait remarquer à lluiuÊ lamaison de Cicéron.

(*) Cest ici loccasion de rapporter une lettre qui fait bien con-noître ses dispositions, il récrivit il son ami M. de Maucroy, un mois,avant la mort.

Tu te trompesallurémem, mon cher ami, sil est bien vrai, commej5 M. de Soissons me la dit, que tu me croyes plus malade desprit que3 de corps. Il me l'a dit pour tâcher de minspirer du courage; mais ce nest pas de quoi je manque.' Je tassure que le meilleur de tes amis na plus à compter fur quinze jours de vie. Voilà deux mois que je ne fors point, si ce nest pour aller un peu à lAcadémie, afin que cela mamuse. Hier, comme jen revendis, il nie prit au milieu de la.rue . . . une si grande foibksse, que je crus véritablement mourir. Ol mon cher, mourir n'est rien; mais songes-tu qu eje vais comparoitre^ devant Dieu? Tu fçaiscomme jai vécu. Avant" que tu reçoives cebillet, les portes.de léternité lieront peut-être, ouvertes pour moi.Oeuvres diverses de La Fontaine , T. Il, p.a 73. edit. de la Haye , 1729.

(f ) M. ssÀbbé dOlivet a ce cilice entre les mains de M. deMaucroy, qui le gardoit comme un monument précieux de la mémoire decei illustre ami.

*-»*» b