Buch 
Fables Choisies, Mises En Vers / Par J. De La Fontaine
JPEG-Download
 

XXVIII

VIE DE DA FONTAINE»

Il tint exactement parole (*). Il revint de cette ma-ladie, &la première fois qmil put assister h lAcadémie, ily rénouvella la protestation quil avoit faite devant lesDéputés, & fit lecture dans lAssemblée d'une Paraphraseen vers François de la Prose des morts Dies ira K II l'a-voit composée pour sentretenir de la pensée de la mort,& pour se pénétrer des vérités les plus terribles de laReligion.

Le jour quil reçut le Saint Viatique, Monsieur le Ducde Bourgogne qui navoit encore atteint que fa onzièmeannée, fit une action digne du sang des Bourbons. Deson pur mouvement, & sans y être porté par aucun con-seil, il envoya un Gentilhomme k La Fontaine pour sin-former de létat de sa santé, & pour lui présenter de sapart une bourse de cinquante louis- dor. Il lui fit dire enmême temps quil auroit souhaité den avoir davantage ;mais que cétoit tout ce qu'il lui restoit du mois courant,& de ce que le Roi lui avoit fait donner pour ses menusplaisirs Ce Prince dans qui lEurope voyoit de si bonne-heure germer les vertus & les sentimens dignes de lagrandeur de son rang, se mit dès ce temps k la tête desbienfaiteurs de La Fontaine; & par ses largesses écarta lanécessité qui, comme nous lavons plus haut, ailoit. bientôt livrer La Fontaine k 1 ambitieuse rivalité duneNation, qui nous dispute la gloire de soutenir le mérite,& de récompenser les talens.

Après fa maladie, La Fontaine fut invité par MadamedHervard ( t) quilaimoit beaucoup, k venir loger chez

elle

(*) Cest par une erreur peu réfléchie & mal hazardée, que Lok-man, dans son livre des Amours de Pficlié & de Cupidon, en Anglois,in 8vo. 1744. imprimé à Londres, suppose dans une vie quil a vouludonner de La Fontaine, qnaprès cette maladie, il composa encore quel-ques pièces trop libres & dans le goût de ses Contes. Il en cite pourpreuve lédition dun livre intitulé Ouvrages de Prose £? de Poesie , dessieurs de Maucroy £? de La Fontaine , qui parut en 1685 î époque bienanterieure à la conversion de La Fontaine, & quil pouvoir aisémentconsulter.

('s) Femme de M. dHervard Conseiller au Parlement, qui conserva lamémoire de La Fontaine avec tant d.e vénération, quil se f'aisoit un plaisir

de>