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CHOISIES Liv . IX. i
Mit en dépôt un cent de fer un jour.
Mon fer, dit-ilj quand il fut de retour.
Votre fer? il n’est plus; j’ai regret de vous dire,
. Qu’un rat l’a mangé tout entier., . tli ,J’en ai grondé.mes gens: mais qu’y faire? un grenierA toujours quelque trou. Le trafiquant admireUn tel prodige, & feint de le croire pourtant.
Au bout de quelques jours il détourne l’enfantDu perfide voisin ; puis à souper convieLe pere qui s’excuse, & lui dit en pleurant:Dispensez-moi, je vous supplie;
Tous plaisirs pour moi font perdus.J’aimois un fils plus que ma vie;
Je* li’âi que lui : que dis-je ? helas ! je ne l’ai plus.
On me l’a dérobé. Plaignez mon infortune.
L*e marchand repartit: hier au soir fur'la brune,
Un chat-huant s’en vint votre fils enlever:
Vers un vieux bâtiment je le lui vis porter.
Le père dit: comment voulez-vous que je croieQu’un hibou pût jamais emporter cette proie?
Mon fils, en un besoin, eût pris le chat-huant.
Je ne vous dirai point, reprit l’autre, comment,Mais enfin je l’ai vû, ’vû de mes yeux, vous dis-je,Et ne vois rien qui vous obligeD’en douter un moment après ce que je dis.
Faut-il que vous trouviez étrangeQue les Chat-huants d’un pays,..,,
OU le quintal de fer par un seul rat se mange,
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