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Oeuvres De Molière : Avec Des Notes De Tous Les Commentateurs
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ACTE I, SCÈNE III.

De ces Égyptiens qui la mirent ici,

Trufaldin, qui la garde, est en quelque souci ;

Et trouvant son argent, qu’ils lui font trop attendre,

Je sais bien qu’il serait très-ravi de la vendre :

Car enfin en vrai ladre il a toujours vécu ;

Il se ferait fesser pour moins d’un quart d’écu ;

Et l’argent est le dieu que surtout il révère :

Mais le mal, c’est...

LÉLIE.

Quoi? c’est...

MASCARILLE.

Que monsieur votre pèreEst un autre vilain qui ne vous laisse pas,

Comme vous voudriez bien, manier ses ducats ;

Qu’il n’est point de ressort qui, pour votre ressource,

Pût faire maintenant ouvrir la moindre bourse.

Mais tâchons de parler à Célie un moment,

Pour savoir là-dessus quel est son sentiment.

La fenêtre est ici.

LÉLIE.

Mais Trufaldin, pour elle,

Fait de nuit et de jour exacte sentinelle.

Prends garde.

MASCARILLE.

Dans ce coin demeurons en repos.

O bonheur ! la voilà qui paraît à propos.

SCÈNE III.

CÉLIE, LÉLIE, MASCARILLE.

LÉLIE.

Ah ! que le ciel m’oblige, en offrant à ma vueLes célestes attraits dont vous êtes pourvue !

Et, quelque mal cuisant que m’aient causé vos yeux,

Que je prends de plaisir à les voir en ces lieux !

CÉLIE.

Mon cœur, qu’avec raison votre discours étonne,

N’entend pas que mes yeux fassent mal à personne;

Et si dans quelque chose ils vous ont outragé,

Je puis vous assurer que c’est sans mon congé.

LÉLIE.

Ah ! leurs coups sont trop beaux pour me faire une injure 1Je mets toute ma gloire à chérir ma blessure,

Et...

1 .