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L’ÉTOURDI,
SCÈNE VII.
LÉL1E, ANSELME, MASCARILLE.
LÉLIE ramassant la bourse.
A qui la bourse ?
ANSELME.
Ali ! dieux ! elle m’était tombée !
Et j’aurais après cru qu’on me l’eût dérobée !
Je vous suis bien tenu de ce soin obligeant,
Qui m’épargne un grand trouble et me rend mon argent.Je vais m’en décharger au logis tout à l’heure.
SCÈNE VIII.
LÉLIE, MASCARILLE.
MASCARILLE.
C’est être officieux, et très-fort, ou je meure.
LÉLIE.
Ma foi ! sans moi, l’argent était perdu pour lui.
MASCARILLE.
Certes, vous faites rage, et payez aujourd’huiD’un jugement très-rare et d’un bonheur extrême ;
Nous avancerons fort, continuez de même.
LÉLIE.
Qu’est-ce donc ? Qu’ai-je fait P
MASCARILLE.
Le sot, en bon françois,Puisque je puis le dire, et qu’enfm je le dois.
Il sait bien l’impuissance où son père le laisse ;
Qu’un rival qu’il doit craindre, étrangement nous presseCependant, quand je tente un coup pour l’obliger,
Dont je cours moi tout seul la honte et le danger...
LÉLIE.
Quoi! c’était... ?
MASCARILLE.
Oui, bourreau, c’était pour la captiveQue j’attrapais l’argent dont votre soin nous prive.
LÉLIE.
S’il est ainsi, j’ai tort ; mais qui l’eût deviné?
MASCARILLE.
Il fallait, en effet, être bien rafliné !