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L’ÉTOURDI,
MASCARILLE.
Eh ! tout cela n’est rien; je suis tendre à ces coups.Mais déjà je commence à perdre mon courroux ;
Il faut de ses amis endurer quelque chose.
HIPPOLYTE
Pourras-tu mettre à fin ce que je me propose,
Et crois-tu que l’effet de tes desseins hardisProduise à mon amour le succès que tu dis ?
MASCARILLE.
N’ayez point pour ce fait l’esprit sur des épines,l’ai des ressorts tout prêts pour diverses machines ;Et quand ce stratagème à nos vœux manquerait,
Ce qu’il ne ferait pas, un autre le ferait.
HIPPOLYTE.
Crois qu’Hippolyte au moins ne sera pas ingrate.
MASCARILLE.
L’espérance du gain n’est pas ce qui me flatte.
HIPPOLYTE.
Ton maître te fait signe, et veut parler à toi :
Je te quitte ; mais songe à bien agir pour moi.
SCÈNE XI.
LÉLIE, MASCARILLE.
LÉLIE.
Que diahle fais-tu là ? Tu me promets merveille;Mais ta lenteur d’agir est pour moi sans pareille.Sans que mon bon génie au-devant m’a poussé,Déjà tout mon bonheur eût été renversé.
C’était fait de mon bien, c’était fait de ma joie,D’un regret étemel je devenais la proie;
Bref, si je ne me fusse en ces lieux rencontré,Anselme avait l’esclave, et j’en étais frustré;
Il l’emmenait chez lui : mais j’ai paré l’atteinte,
J’ai détourné le coup, et tant fait que, par crainte xLe pauvre Trufaldin l’a retenue.
MASCARILLE.
Et trois :
Quand nous serons à dix, nous ferons une croix.C’était par mon adresse, ô cervelle incurable,Qu’Anselme entreprenait cet achat favorable ;
Entre mes propres mains on la devait livrer ;
Et vos soins endiablés nous en viennent sevrer.