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ACTE I, SCÈNE X.
Jet le dans le panneau l’un et l’autre vieillard (1) ;
Que mon soin par leurs mains ne veut avoir Célie,
Qu’à dessein de la mettre au pouvoir de Lélie»
Et faire que, l’effet de cette inventionDans le dernier excès portant sa passion,
Anselme, rebuté de son prétendu gendre,
Puisse tourner son choix du côté de Léandre.
HIPPOLYTE.
Quoi ! tout ce grand projet, qui m’a mise en courroux,
Tu Tas formé pour moi, Mascarille ?
MASCARILLE.
Oui, pour vous.
Mais puisqu’on reconnaît si mal mes bons offices,
Qu’il me faut de la sorte essuyer vos caprices,
Et que, pour récompense, on s’en vient, de hauteur ,
Me traiter de faquin, de lâche, d’imposteur,
Je m’en vais réparer Terreur que j’ai commise,
Et dès ce même pas rompre mon entreprise.
HIPPOLYTE l’arrêtant.
Eh ! ne me traite pas si rigoureusement,
Et pardonne aux transports d’un premier mouvement
MASCARILLE.
Non, non, laissez-moi faire ; il est en ma puissanceDe détourner le coup qui si fort vous offense.
Vous ne vous plaindrez point de mes soins désormais ;
Oui, vous aurez mon maître, et je vous le promets.
HIPPOLYTE.
Eh ! mon pauvre garçon, que ta colère cesse !
J’ai mal jugé de toi, j’ai tort, je le confesse.
(Tirant sa bourse.)
Mais je veux réparer ma faute avec ceci.
Pourrais-tu te résoudre à me quitter ainsi ?
MASCARILLE.
Non, je ne le saurais, quelque effort que je fasse ;
Mais votre promptitude est de mauvaise grâce.
Apprenez qu’il n’est rien qui blesse un noble cœurComme quand il peut voir qu’on le touche en l’honneur.
HIPPOLYTE.
Il est vrai, je t’ai dit de trop grosses injures :
Mais que ces deux louis guérissent tes blessures.
(0 On appelle panneau un flletà prendre des lièvres, des lapins, etc.De là les expressions proverbiales donner, se jeter, et jeter quelqu'undans le panneau. (A.)
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