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Oeuvres De Molière : Avec Des Notes De Tous Les Commentateurs
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ACTE II, SCÈNE V.

Pour Dieu ! ne prenez point de vilaine figure ;

Jai prou de ma frayeur en cette conjoncture (1).

PANDOLFE.

En une autre saison, cette naïvetéDont vous accompagnez votre crédulité,

Anselme, me serait un charmant badinage,

Et jen prolongerais le plaisir davantage :

Mais, avec cette mort, un trésor supposé,

Dont parmi les chemins on ma désabusé,

Fomente dans mon âme un soupçon légitime.

Mascarille est un fourbe, et fourbe fourbissime,

Sur qui ne peuvent rien la crainte et le remords,

Et qui pour ses desseins a détranges ressorts.

ANSELME.

Maurait-on joué pièce et fait supercherie?

Ab ! vraiment, ma raison, vous seriez fort jolie !

Touchons un peu pour voir : en effet, cest bien lui.Malepeste du sot que je suis aujourdhui !

De grâce, nallez pas divulguer un tel conte;

On en ferait jouer quelque farce à ma honte :

Mais, Pandolfe, aidez-moi vous-même à retirerLargent que jai donné pour vous faire enterrer.

PANDOLFE.

De largent, dites-vous? Ah ! cest donc ienclouure !

Voilà le nœud secret de toute laventure !

A votre dam. Pour moi, sans men mettre en souci,

Je vais faire informer de cette affaire iciContre ce Mascarille ; et si lon peut le prendre,

Quoi quil puisse coûter, je le veux faire pendre.

ANSELME Seul.

Et moi, la bonne dupe à trop croire un vaurien,

Il faut donc quaujourdhui je perde et sens et bien.

Il me sied bien, ma foi, de porter tête grise,

- Et dêtre encor si prompt à faire une sottise ;

Dexaminer si peu sur un premier rapport...

Mais je vois...

(i) Prou, vieux mot qui signifie assez, beaucoup. Il nest plus d'u-sage que dans ces phrases familières : peu ou prou, ni peu ni prou.(B.;

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