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ACTE III, SCÈNE XI.
LÉLIE.
Fermez soigneusement votre porte ce soir.
Pourquoi ?
TRUFALDIN.
LÉLIE.
Certaines gens font une mascaradePour vous venir donner une fâcheuse aubade ;
Ils veulent enlever votre Célie.
TRUFALDIN.
O dieux !
* LÉLIE.
Et sans doute bientôt ils viennent en ces lieux.Demeurez ; vous pourrez voir tout de la fenêtre.Eh bien ! qu’avais-je dit? Les voyez-vous paraître ?Chut, je veux à vos yeux leur en faire l’affront.Nous allons voir beau jeu, si la corde ne rompt.
SCÈNE XI.
LÉLIE, TRUFALDIN, MÀSCAR1LLE et sa suite,masqués.
TRUFALDIN.
Oh ! les plaisants robins (1), qui pensent me surprendre!
~ LÉLIE.
Masques, où courez-vous ? le pourrait-on apprendre ?Trufaldin, ouvrez-leur pour jouer un momon (2).
(à Mascarille, déguisé en femme.)
Bon Dieu, qu’elle est jolie, et qu’elle a l’air mignon!
Eh quoi! vous murmurez? Mais, sans vous faire outrage,Peut-on lever le masque, et voir votre visage?
TRUFALDIN.
Allez, fourbes méchants, retirez-vous d’ici,
Canaille ; et vous, seigneur, bonsoir et grand merci.
(i) Le mot robin signifiait autrefois un bouffon, un sot, un face~tieux. (B.) —On a donné le nom de robin au mouton, à cause de sarobe de laine. Or le mouton étant, au dire d’Aristote, cité par Rabelais,le plus sot des animaux, le nom de robin est devenu par extension celuides ho.mmes sans esprit. ( le Duch.)
(a) Momon, somme d’argent que des masques jouaient aux dés. (B.)— On donnait aussi ce nom aux personnes masquées qui s’introduisaientdans les maisons pour Jouer ou pour danser. Suivant Ménage, ce motvient de Momus, dieu de la folie.