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L’Ê T O U R DI,
LÉL1E.
D’abord il m’a surpris ;
Mais n’appréhende plus, je reprends mes esprits,
Et m’en vais débiter avecque hardiesse....
MASCARILLE.
Voici notre rival, qui ne sait pas la pièce.
, (Ilsentrent dans la maison de Trufaldin. )
SCÈNE IV.
ANSELME, LÉANDRE.
ANSELME.
Arrêtez-vous, Léandre, et souffrez un discoursQui cherche le repos et l’honneur de vos jours.
Je ne vous parle point en père de ma fille,
En homme intéressé pour ma propre famille,
Mais comme votre père, ému pour votre bien,
Sans vouloir vous flatter et vous déguiser rien ;
Bref, comme je voudrais, d’une âme franche et pure,Que l’on fit à mon sang en pareille aventure;
Savez-vous de quel œil chacun voit cet amour,
Qui dedans une nuit vient d’éclater au jour ?
A combien de discours et de traits de riséeVotre entreprise d’hier est par tout exposée ?
Quel jugement on fait du choix capricieux
Qui pour femme, dit-on, vous désigne en ces lieux
Un rebut de l’Égypte, une fille coureuse ,
De qui le noble emploi n’est qu’un métier de gueuse ?
J en ai rougi pour vous encor plus que pour moi,
Qui me trouve compris dans l’éclat que je voi :
Moi, disrje , dont la fille, à vos ardeurs promise,
Ne peut, sans quelque affront, souffrir qu’on la méprise.Ah ! Léandre, sortez de cet abaissement îOuvrez un peu les yeux sur votre aveuglement.
Si notre esprit n’est pas sage à toutes les heures,
Les plus courtes erreurs sont toujours les meilleuresQuand on ne prend en dot que la seule beauté,
Le remords est bien près de la solennité ;
Et la plus belle femme a très-peu de défenseContre cette tiédeur qui suit la jouissance.
Je vous le dis encor, ces bouillants mouvements,
Ces ardeurs de jeunesse et ces emportements,
Nous font trouver d’abord quelques nuits agréables ;