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Oeuvres De Molière : Avec Des Notes De Tous Les Commentateurs
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l’étourdi,

Par vos gestes, durant un moment de repas,Vous avez aux soupçons donné plus de matièreQue d’autres ne feraient dans une année entière.

■ I.ÉLIE.

Et comment donc?

MASCARILLF..

Comment ? Chacun a pu le voir.

A table, où Trufaldin l’oblige de se seoir,

Vous n’avez toujours lait qu’avoir les yeux sur elle.Rouge, tout interdit, jouant de la prunelle,

Sans prendre jamais garde à ce qu’on vous servait,Vous n’aviez point de soif qu’alors qu’elle buvait;

Et dans ses propres mains vous saisissant du verre,Sans le vouloir rincer, sans rien jeter à terre,

Vous buviez sur son reste, et montriez d’affecterLe côté qu’à sa bouche elle avait su porter.

Sur les morceaux touchés de sa main délicate,

Ou mordus de ses dents, vous étendiez la pattePlus brusquement qu’un chat dessus une souris,

Et les avaliez tous ainsi que des pois gris (1).

Puis, outre tout cela, vous faisiez sous la tableUn bruit, un triquetrac de pieds insupportable,

Dont Trufaldin, heurté de deux coups trop pressants,A puni par deux fois deux chiens très-innocents,

Qui, s’ils eussent osé, vous eussent fait querelle.

Et puis après cela votre conduite est belle?

Pour moi, j’en ai souffert la gêne sur mon corps.Malgré le froid, je sue encor de mes efforts.

Attaché dessus vous comme un joueur de bouleAprès le mouvement de la sienne qui roule,

Je pensais retenir toutes vos actions,

En faisant de mon corps mille contorsions.

LF. LIE.

Mon Dieu ! qu’il t’est aisé de condamner des chosesDont tu ne ressens point les agréables causes !

Je veux bien néanmoins, pour te plaire une fois,

Faire force à l’amour qui m’impose des lois.Désormais...

(0 On disait autrefois, pour exprimer la voracité d’un homme : Cestun avaleur de pois gris. Il est probable que le proverbe tire son ori-gine des charlatans qui étaient dans l’usage d’avaler, avec dextérité, de-vant le public, une grande quantité de ces pois. On trouve un exemplede ce proverbe dans la Prison de d’Assoucy, page 48.

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