lh^,-5*à£.W.
R
86 L’ÉTOURDI,
Je veux adroitement, sur un soupçon frivole,Faire pour quelques jours emprisonner ce drôle.Je sais des officiers, de justice altérés,
Qui sont pour de tels coups de vrais délibérés;Dessus l’avide espoir de quelque paraguante (1),Il n’est rien que leur art aveuglément ne tente ;Et du plus innocent, toujours à leur profitLa bourse est criminelle, et paye son délit.
ACTE V.
SCÈNE PREMIÈRE.
MASCARILLE, ERGASTE.
MASCARILLE. ■■
Ah ! cbien ! ah ! double chien ! mâtine de cervelle ! *‘™ 1,
Ta persécution sera-t-elle éternelle?
ERGASTE.
Par les soins vigilants de l’exempt Balafré ,
Ton affaire allait bien, le drôle était coffré,
Si ton maître au moment ne fût venu lui-même,
En vrai désespéré, rompre ton stratagème :
Je ne saurais souffrir, a-t-il dit hautement,
Qu’un honnête homme soit traîné honteusement;
J’en réponds sur sa mine, et je le cautionne :
Et, comme on résistait à lâcher sa personne,
D’abord il a chargé si bien sur les recors,
Qui sont gens d’ordinaire à craindre pour leur corps,
Qu’à l’heure que je parle ils sont encore en fuite,
Et pensent tous avoir un Lélie à leur suite.
MASCARILLE.
Le traître ne sait pas que cet ÉgyptienEst déjà là-dedans pour lui ravir son bien.
ERGASTE.
Adieu. Certaine affaire à te quitter m’oblige.
»
(i) Les Espagnols disent encore :Dar para guantes; c'est-à-dire, don-ner pour les gants, dont nous avons fait le mot paraguante. (Ménage.)
On donne ce nom au présent qu’on fait à une personne dont on areçu quelques bons offices.