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Oeuvres De Molière : Avec Des Notes De Tous Les Commentateurs
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ACTE V, SCÈNE III.

SCÈNE IL

MASCARILLE.

Oui, je suis stupéfait de ce dernier prodige.

On dirait ( et pour moi j’en suis persuadé )

Que ce démon brouillon dont il est possédéSe plaise à me braver, et me l’aille conduirePartout où sa présence est capable de nuire.

Pourtant je veux poursuivre, et, malgré tous ces coupsVoir qui l’emportera de ce diable ou de nous.

Célie est quelque peu de notre intelligence,

Et ne voit son départ qu’avecque répugnance.

Je tâche à profiter de cette occasion.

Mais ils viennent ; songeons à l’exécution.

Cette maison meublée est en ma bienséance,

Je puis en disposer avec grande licence ■

Si le sort nous en dit, tout sera bien réglé ;

Nul que moi ne s’y tient, et j’en garde la clé.

O Dieu ! qu’en peu de temps on a vu d’aventures,

Et qu’un fourbe est contraint de prendre de figures !

SCÈNE III.

CÉLIE, ANDRÈS.

ANDRÈS.

Vous le savez, Célie, il n’est rien que mon cœurN’ait fait pour vous prouver l’excès de son ardeur.Chez les Vénitiens, dès un assez jeune âge,

La guerre en quelque estime avait mis mon courage,

Et j’y pouvais un jour, sans trop croire de moi,Prétendre, en les servant, un honorable emploi ;Lorsqu’on me vit pour vous oublier toute chose,

Et que le prompt effet d’une métamorphose, *

Qui suivit de mon cœur le soudain changement,Parmi vos compagnons sut ranger votre amant,

Sans que mille accidents, ni votre indifférence,

Aient pu me détacher de ma persévérance.

Depuis, par un hasard , d’avec vous séparéPour beaucoup plus de temps que je n’eusse auguré,

Je n’ai, pour vous rejoindre, épargné temps ni peine;Enfin, ayant trouvé la vieille Egyptienne,