114 LE DÉPIT AMOUREUX,
Et voilà sur ma vie une tache éternelle.
Ma fourbe est découverte. Oh ! que la véritéSe peut cacher longtemps avec difficulté !
Et qu’il eût mieux, valu pour moi, pour mon estime (1),Suivre les mouvements d’une peur légitime,
Par qui je me suis vu tenté plus de vingt foisDe rendre à Polidore un bien que je lui dois,
De prévenir l’éclat où ce coup-ci m’expose,
Et faire qu’en douceur passât toute la chose !
Mais, hélas ! c’en est fait, il n’est plus de saison;
Et ce bien, par la fraude entré dans ma maison,
N’en sera point tiré, que dans cette sortieIl n’entraîne du mien la meilleure partie.
SCÈNE IV.
ALBERT, POLIDORE.
POLIDORE, les quatre premiers vers sans voir Albert.S’être ainsi marié sans qu’on en ait su rien lPuisse cette action se terminer à bien !
Je ne sais qu’en attendre, et je crains fort du pèreEt la grande richesse, et la juste colère.
Mais je l’aperçois seul.
ALBERT.
Dieu 1 Polidore vieçt !
POLIDORE.
Je tremble à l’aborder.
ALBERT.
La crainte me retient.
POLIDORE.
Par où lui débuter ?
ALBERT.
Quel sera mon langage ?
POLIDORE.
Son âme est tout émue.
Je vois, seigneur Albert,Que vous savez déjà qui
Hélas ! oui.
ALBERT.
Il change de visage.
POLIDORE.
au trouble de vos yeuxm’amène en ces lieux.
ALBERT.
s
(0 Estime se disait autrefois pour réputation