PRÉFACE.
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nitz, génie universel, a pressenti l’importance de son travail pourla mythologie des Slaves et des Germains, et même pour la languede ces peuples; dans une de ses préfaces on trouve, sur l’histoiredu moyen âge, des idées que les appréciateurs modernes de cestemps n’ont fait souvent que reproduire sous d’autres formes.
L’Histoire de Suède, de Dalen,est une compilation assez com-plète , mais peu critique; celle de Rühs est la plus estimée. Le nou-veau Recueil, dont deux volumes ont déjà paru, est de Geyer. Ona deux forts in-folio de Lagerbring, composés de matériaux histori-ques et législatifs sur la Suède.
L’Histoire de Danemark, de Mallet, n’est pas à négliger. L’in-troduction relative à la mythologie et aux poésies du Nord est inté-ressante , quoique depuis on ait fait des progrès dans la langue etdes découvertes dans les fables Scandinaves.
Saxo-Grammaticus est le Nestor du Danemark, comme Snorronest l’Hérodote du Nord : ce pays possède aussi un recueil de Scrip-tores.
Quant à Y Histoire de Pologne, outre Martin Gallus, on trouveVincent Kadlubeck, évêque de Cracovie, mort en 1223. L’évêqueDlugosh compila les annales de son pays vers le milieu et la fin duquinzième siècle, empruntant ses récits, comme il l’avoue lui-même,aux traditions populaires.
Par ordre de Nicolas I er , on procède en Russie à la réunion des do-cuments slaves et autres titres de ce vaste empire. La Lusace et laBavière commencent des collections. La société formée à Francforts’occupe sans relâche de Redécouverte et de la publication des di-plômes et papiers nationaux de l’Allemagne.
Telles sont les richesses que nous offre le nord de l’Europe. Tou-tefois n’abusons pas, comme on est trop enclin à le faire, des ori-gines Scandinaves, slaves et tudesques. Il semble aujourd’hui quetoute notre histoire soit eu Allemagne , qu’on ne trouve que là nosantiquités et les hommes qui les ont connues. Les quarante ans denotre révolution ont interrompu les études en France, tandis qu’ellesont continué dans les universités germaniques ; les Allemands ontregagné sur nous une partie du temps que nous avions gagné sureux ; mais si, pour le droit, la philologie et la philosophie, ils nousdevancent à l’heure qu’il est, ils sont encore loin d’ètre arrivés enhistoire au point où nous nous trouvions lorsque nos troubles ontéclaté.