PRÉFACE.
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tant qu’il soit, est fort inférieur à celui des ordonnances de nos roiset autres collections qui doivent faire suite à ces ordonnances ; lesmatières y sont mêlées et incohérentes ; elles ne sont point précédéesde ces admirables préfaces dont les de Laurière, les Secousse, lesVilevault, les Bréquigny, ont enrichi leur travail, et qui sont destraités complets du droit français. Le Clerc et Rapin ont pourtantdonné, dans le dixième volume des Actes de Rymer, un abrégé his-torique sec, mais utile, des vingt volumes de l’édition de Londresde 1745.
Dans les historiens primitifs de l’Angleterre, l’annaliste françaispeut glaner avec succès les trois Gildas, VHistoire ecclésiastique deBède, et, dans les bas siècles, les chroniqueurs, poètes ou prosateursde la race normande. Les traductions anglo-saxonnès faites du latinpar Alfred le Grand, les lois de ce prince publiées par GuillaumeLombard, son Testament avec les notes de Manning, apprennent quel-ques faits curieux. Dans sa traduction anglo-saxonne d’Orose, Al-fred a inséré deux périples Scandinaves de la Baltique, du NorvégienOther et du Danois Wulfstan : c’est ce qu’il y a de plus authentiquetouchant cette mer intérieure, au bord de laquelle élaient cantonnésces barbares qui devaient aller conquérir les habitants civilisés desrivages de la Méditerranée.
fl existe plusieurs recueils des historiens anglais, mais sans ordre ;ils se répètent aussi, parce que, dans ce pays de liberté, le gouver-nement ne fait rien , et les particuliers font tout. Il faut joindre à lacollection d’Heidelberg ( 1587 ), la collection de Francfort (1601),et les dix auteurs du recueil de Selden (Londres, 1652) : on auraalors à peu près tout ce qui est relatif aux mœurs communes de l’An-gleterre et de la France. La réunion des anciens historiens anglais,écossais, irlandais et normands de Camden ne vaut pas sa BritannUeBescriptio ; c’est celle-là qu’il faut étudier pour les origines romaineset barbares. Le génie des Normands, lié si intimement au nôtre, sedécèle surtout dans le Boomsdaybook : ce document, d’un prix ines-timable, a été imprimé en 1783, par ordre du parlement d’Angleterre.On le compléterait en consultant le pouillé général du clergé d’An-gleterre et du pays de Galles, auquel Édouard II fit travailler en 1291;le manuscrit de ce pouillé est aux bibliothèques d’Oxford. La princi-pauté de Galles, les comtés de Northumberland, de Cumberland, deWestmoreland et de Durham manquent au Boomsdaybook : cettestatistique offre le détail des terres cultivées, habitées ou désertes de