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PilÊFACE.
l’Angleterre, le nombre des habitants libres ou serfs, et jusqu’à celuides troupeaux et des ruches d’abeilles. Dans le Doomsdaybook, sontgrossièrement dessinées les villes et les abbayes.
Il ne faut pas négliger de consulter les cartes du moyen âge ; ellessont utiles non-seulement pour la géographie historique, mais encoreparce qu’à l’aide des noms propres de lieu on retrouve des originesde peuples. Dans le périple de Wulfstan, par exemple, l'ile de Born-holm est appelée Burgendaland ; et dans l’ouvrage historique deSnorron, Heims-Kringla, on voit que les Scandinaves disaient Bor-gundar-holm : voilà la patrie des Burgundes ou Bourguignons. En nepressant pas trop ces indications, on en lire un bon parti ; mais il nefaudrait pas, comme plusieurs auteurs allemands, se figurer qu’unetribu deFranks prit le nom de Salit, parce qu’elle campait sur lesbords de la Saale eu Franconie. Le gouvernement anglais a employéà Rome le savant Marini à la collection des lettres des papes et desautres pièces relatives à l’histoire de la Grande-Bretagne, depuisl’an 1216 .
Le Portugal et l’Espagne fournissent d’autres especes de documents.Les langues qu’on parlait dans le midi de la Gaule, avant que ceslangues eussent été envahies par le picard ou le français wallon,étaient parlées dans la Catalogne, le long du cours de l’Èbre, et serépandaient derrière les Basques par les vallées des Astures, jusquedans les Lusitanies. Les poèmes primitifs du Cid et les romances dola même époque, lès anciennes lois maritimes de Barcelone, le récitde l’expédition de la grande compagnie catalane en Morée, doiventêtre lues la plume à la main par l'historien français; il trouvera au-jourd’hui de nouveaux éclaircissements dans les Antiquités du Droitmaritime, savant ouvrage de M. Pardessus, et dans la Chronique engrec barbare des guerres des Français en Bornante et en Morée, publiéepar M. Buchon, à qui l’on doit de si utiles éditions.
Alphonse I er , roi de Castille, surnommé le Sage, a laissé en vieuxespagnol un corps de législation bon à consulter. Alphonse remontesouvent aux lois premières ; il y a un ton de candeur et de vertu dansl’exposé de ses institutions, qui rend ce roi de Castille un digne con-temporain de saint Louis.
Parmi les chroniqueurs espagnols, Idace doit être recherché pourla peinture des mœurs des Suèves et des Goths, et pour celle des ra-vages de ces peuples dans les Espagnes et les Gaules ; mais il y a plusà prendre dans Isidore de Séville, postérieur à Idaœ d’environ cent