PREFACE.
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Dans sa dédicace à Henri IV, il dit : « Je n’ai point voulu faire, le« flatteur ni le courtisan , mais l'historien véritable ; j’ai voulu peiu-« dre les traits les plus difformes ainsi que les plus beaux , et parler
« hardiment et librement de tout.l’ai impugné plusieurs points
« qui sont de la commune opinion des hommes , comme la venue de« Pharamond ès Gaulés, l’institution de laloisalique, etc. »
Belleforest est diffus, mais sa compilation des anciennes chroni-ques met sur la voie de plusieurs raretés. Du Haillan le critiqua dansune de ses préfaces. « Je ne suis pas de ces hardis et ignorants ccri-« vains qui enfantent tous les jours des livres, et qui en font de gros-« ses forêts. » (Allusion au nom de Belleforest. )
Jean de Serres était protestant. Il est infidèle dans ses citations,fautif dans sa chronologie ; son style est chargé de figures outrées etde métaphores. De Serres était savant néanmoins : Pasquier et d’Au-bigné l’ont repris avec aigreur.
Dupleix procède avec méthode ; c’est le premier historien fran-çais , avec Viguic-r, qui ait coté en marge ses autorités. Avant lechef-d’œuvre d’Adrien de Valois, Dupleix n’avait été surpassé dansl’histoire des deux premières races que par Fauchct.
Je ne parle pas do d’Aubigné , bien qu’il en valût la peine, parcequ’il s’est renfermé, ainsi que de Thou, dans une période particu-lière : la même raison me fait omettre Jean le Laboureur. Personnen’a élevé plus haut le style historique que ce dernier écrivain.
Après ces quatre premiers auteurs de notre histoire générale, noustrouvons Mézeray, Varillas, Cordemoy, Legendre, Daniel, Velly,Villaret et Garnier.
On n’écrira jamais mieux quelques parties de notre histoire queMézeray n’en a écrit quelques règnes. Son Abrégé est supérieur àsa grande Histoire, quoiqu’on n’y retrouve pas quelques-uns de sesdiscours débités à la manière de Corneille. Les Vies des reines sontquelquefois des modèles de simplicité. Quant au défaut de lecturereproché à Mézeray, la plupart de ses erreurs ont été redressées parl’abbé le Laboureur, Launoy, Dirois et le père Griffet. Mézerayavait été frondeur ; rien de plus libre que ses jugements : c’est dom-mage que son exécuteur testamentaire ait jeté au feu son Histoirede la maltôte. Amelot dé la Houssaye dit que Mézeray a laissé dansses écrits une assez vive image de l'ancienne liberté. Ménage repro-che à cet auteur de n’avoir pas de phrases. C’est Mézeray qui a dit :Sous la fin de la deuxième race, le royaume était tenu selon les lois des