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Études ou discours historique sur la chute de l'empire romain : la naissance et les progrès du Christianisme, et l'invasion des barbares / par M. le Vicomte de Chateaubriand
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P K E FACE.

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dissertation couronnée par lAcadémie des inscriptions, est d'uneméthode, d une clarté et dun savoir rares. Ce quon écrit aujour-dhui sur le même sujet est en partie dérobé à lexcellent travail deGourcy : on a raison de ne pas refaire une besogne si bien faite,mais il faudrait en avertir, pour laisser la louange à qui de droit. Ily a des hommes qui sont ainsi en possession de servir de moniteursaux autres : Pagi sera léternel flambeau des fastes consulaires ;Tillemont est le guide le plus sur des faits et des dates pour lhistoiredes empereurs ; Gibbon se colle à lui ; il se fourvoie et tombe quandlouvrage de Tillemont finit ; éaint-Marc a débrouillé le chaos desaffaires italiennes du cinquième au douzième siècle. On ne men-tionne point son Abrégé chronologique quand on soccupe de cette pé-riode de lhistoire : ce serait justice cependant ; dautant mieux quelon commet beaucoup de fautes quand on ne suit plus Saint-Marc,qui lui-mème a suivi Sigonius et Muratori.

Les Observations de labbé de Mably sont écrites dun ton darro-gance et de fatuité qui les ferait prendre pour louvrage de quelquescapacités du jour, si la maigreur ny remplaçait lenflure. Sous cettesuperbe, on ne trouve pourtant dans Mably que des idées écourtées,une grande prétention à la force de télé, le désir de dire des chosesimmenses en quelques mots brefs : il y a peu de mots en effet, et en-core moins de choses. Lisez dans cel auteur gourmé quelques pas-sages sur la transfusion des propriétés ; ils sont bons.

Boulainvilliers a bien senti la nature aristocratique de lancienneconstitution française, mais il est absurde sur la noblesse : il na pasdailleurs assez de lecture pour que son instruction dédommage duvice de son système.

De ces détails, il résulte que deux écoles historiques sont à dis-tinguer avant lépoque do la révolution : lécole du dix-septième siè-cle et lécole du dix-huitième siècle; Tune érudite et religieuse, lautrecritique et philosophique : dans la première , les bénédictins ras-semblaient les faits, et Bossuet les proclamait à la terre ; dans la se-conde, les encyclopédistes critiquaient les faits, et Voltaire les li-vrait aux disputes du monde. LAngleterre fondait auprès de nousson école exacte, plus dégagée que la nôtre des préjugés antireli-gieux. Notre école moderne du dix-neuvième siècle peut être appeléelécole politique; elle est philosophique aussi, mais autrement quecelle du dix-huitième siècle : parlons.-en.