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Études ou discours historique sur la chute de l'empire romain : la naissance et les progrès du Christianisme, et l'invasion des barbares / par M. le Vicomte de Chateaubriand
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mémo de lespèce humaine. Au physique, la société, avec les dé-couvertes modernes, nest plus la société sans ces découvertes : aumoral, cette société, avec les idées agrandies telles quelles le sontde nos jours, nest plus la société sans ces idées : le Nil à sa sourcenest pas le Nil à son embouchure. En un mot, les historiens dudix-neuvième siècle nont rien créé ; seulement ils ont un mondenouveau sous les yeux, et ce monde nouveau leur sert d'échelle rec-tiiiée pour mesurer lancien monde.

Toute justice ainsi rendue aux hommes de mérite qui ont traité denotre histoire générale avant la révolution, je dirai avec la mêmeimpartialité quil ne les faut pas prendre pour guides. On ne se peutdispenser de recourir aux originaux, car ces écrivains les lisaient au-trement que nous, et dans un autre esprit : ils ny cherchaient pasles choses que nous y cherchons, ils ne les voyaient même pas; iisrejetaient précisément ce que nous recueillons. Ils ne choisissaient,par exemple, dans les ouvrages des Pères de lÉglise, que ce quiconcerne le dogme et la doctrine du christianisme : les mœurs, lesusages, les idées, ne leur paraissaient daucune importance. Unehistoire nouvelle tout entière est cachée dans les écrits des Pères ;ces Études en indiqueront la route. Nous ne savons rien sur ia civi-,iisation grecque et romaine des cinquième, sixième et septième siè-cles , ni sur la barbarie des destructeurs du monde romain, que parles écrivains ecclésiastiques de cette époque.

A légard de nos propres monuments, des découvertes de mêmenature sont à faire. Avant la révolution, on ninterrogeait les ma-nuscrits que relativement aux prêtres , aux nobles et aux rois.Nous, nous ne nous enquérons que de ce qui regarde les peupleset les transformations- sociales : or ceci est resté enseveli dans lesChartres.

Les écrivains anté-révolutionnaires de lhistoire critique de Francesont si nombreux, quil est impossible de les indiquer tous; quel-ques-uns seulement doivent être signalés comme chefs décole.

LHistoire de létablissement de la Monarchie française dans lesGaules est un ouvrage solide, souvent attaqué, jamais renversé,pas même par Montesquieu , qui dailleurs a su peu de choses surles Franks. On vole labbé Dubos sans avouer le larcin : il seraitplus loyal den convenir.

11 en arrive de même à labbé de Gourcy : sa petite Dissertationsur létat des personnes en France sous la première et la seconde race ,