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Études ou discours historique sur la chute de l'empire romain : la naissance et les progrès du Christianisme, et l'invasion des barbares / par M. le Vicomte de Chateaubriand
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PREFACE.

« pour mieux faire sentir ce quil y a déphémère et de tumultueux« dans la succession des civilisations? A Dieu ne plaise! Tout au« conti-aire, elle se réfléchit dans le système entier des actions hu-it maines, et les marques dun profond caractère de paix et de séré-« nité. Quand il a été établi que les vicissitudes de lhistoire ne nais-« sent pas dun vain caprice des volontés, mais quelles ont leurs« fondements dans les entrailles mêmes de lunivers, quelles en« sont le résultat le plus élevé, et que cétait une condition du monde« que nous voyons de faire naître à telle époque telle forme de civi-« lisation , tel mouvement de progression ; que ces divers phéuomè-« nés entrent en rapport avec le domaine entier de la nature, et par-« licipgnt de son caractère, ainsi que toute autre espèce de production« terrestre ; les actions humaines se présentent alors comme un nou-« veau règne, qui a ses harmonies, ses contrastes et sa sphère-« terminés. »

Ainsi sexprime Ilerder par la voix de son éloquent interprète.

Au surplus , ces nobles systèmes appliqués à lhistoire ne sont pasaussi nouveaux quils le paraissent. Un homme, patiemment endormipendant un siècle et demi dans sa poussière , vient de ressusciterpour réclamer sa gloire ajournée ; il avait devancé son temps ; quandlère des idées quil représentait est arrivée, elles ont été frapper àsa tombe et le réveiller : je veux parler de Vico.

Dans son ouvrage de la Science nouvelle , Vico, laissant de côtélhistoire particulière des peuples, posa les fondements de lhistoiregénérale de lespèce humaine.

« Tracer lhistoire universelle éternelle, » dit M. Michelet dans satraduction abrégée et son analyse précise et bien sentie du systèmede Vico, « tracer lhistoire universelle éternelle qui se produit dans le« temps sous la forme des histoires particulières ; décrire le cercle

* idéal dans lequel tourne le monde réel, voilà lobjet de la Science« nouvelle; elle est tout à la fois la philosophie et lhistoire de lhu-« manité.

« Elle tire son unité de la religion, principe producteur et con-« servateur de la société. Jusquici on na parlé que de théologie na-« turelie, la Science nouvelle est une théologie sociale, une démons-« tration historique de la Providence, une histoire des décrets parii lesquels, à linsu des hommes et souvent malgré eux, elle a gou-« verno la grande cité du genre humain. Qui ne ressentira un divin

* plaisir en ce corps mortel, lorsque nous contemplerons ce monde