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Études ou discours historique sur la chute de l'empire romain : la naissance et les progrès du Christianisme, et l'invasion des barbares / par M. le Vicomte de Chateaubriand
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PfiiiFACE.

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sons dOrléans, de Paris, de Bourgogne , dAquitaine. Jai bienpeur quon nait pris pour une nouvelle invasion des Franks uneguerre civile de plus entre les tribus frankes.

Il ne me parait pas démontré davantage que les Franks dAustrasiefussent plus nombreux, et eussent mieux conservé le caractère sa-lique, que les Franks neustriens. Les Franks de la Neustrie ne séten-daient guère outre-Loire ; le pays au delà de ce fleuve reconnaissait àpeine leur autorité, et ils étaient obligés dy porter leurs armes :M. Thierry lui-même cite un exemple des ravages passagers quils ycommettaient. Quavaient, pour le courage et les mœurs des Franks,les cités gallo-romaines situées entre la Somme, la Seine, et la Loire,de plus amollissant que celles qui couvraient les rives de la Meuse,de la Moselle et du Rhin ? Paris était un misérable village, tandisque Cologne, Trêves, Mayence, Spire, Strasbourg, Worms, étaientdes cités fameuses par les monuments dont leurs anciens maîtresles avaient ornées. Daprès M. Guizot, les Franks devinrent proprié-taires plus promptement dans lAustrasie que dans la Neustrie ; cestlaque lon trouve, selon lui, les plus considérables de ces habitationsqui devinrent des châteaux. La remarque est juste; mais ces châ-teaux nétaient pas louvrage des Franks. Les derniers empereursavaient permis aux sujets et aux citoyens romains de fortifier leursdemeures particulières; les habitations fortifiées de lAustrasie né-taient que des propriétés anciennement données aux vétérans légion-naires chargés de la défense des rives du Rhin, de la Meuse et de laMoselle, d leur était venu le nom de Riinmires. Les Franks neus-triens nétaient ni plus énervés ni moins braves que leurs compatrio-tes ; on naperçoit en histoire aucune différence entre un Frank deSoissons, de Paris et dOrléans, et un Frank de Metz, de Mayenceet de Cologne. Ce furent des Franks neustriens comme des Franksaustrasiens qui vainquirent les Arabes à Tours et les Saxons en Ger-manie , sous les Peppin et sous Charles le Martel. Les rois ou chefsde la Neustrie parlaient le langage germanique, comme les rois ouchefs de lAustrasie ; leurs peuples seuls différaient de langage.

Remarquez enfin que Charles, duc de la basse Lorraine, oncle deLouis V, ayant fait hommage à lempereur Othon de son duché, futdéclaré indigne de régner sur les Franks ; et Charles était de la racede Charlemagne. Ce serait donc les Franks austrasiens qui auraientrenié la race quils avaient élevée sur le pavois ; ils auraient choisi un