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PBÉFACE.
roi parmi le» Franks neustriens vaincus , pour le mettre à la placed’un chef sorti de Franks austrasiens vainqueurs.
Tels sont mes doutes; ils expliqueront pourquoi, en admettant rela-tivement aux deux premières races la plupart des opinions de l’écolemoderne, j’ai rejeté la seconde invasion des Franks. Je suis persuadéque les hommes habiles dont je ne partage pas sur ce point le sen-timent examineront eux-mêmes de plus près un fait d’une nature sigrave. Peut-être à leur tour me reprocheront-ils mes hardiesses quandils me verront hésiter sur la signification que l’on donne au nom frank,ne me tenir pas bien assuré qu’il y ait eu jamais une ligue de peuplesgermaniques connue sous le nom de Franks , à cause même de leurconfédération.
Passons aux écrivains de l’école moderne du système fataliste.
Deux de ces écrivains attirent particulièrement l’attention : unisentre eux du 1 triple lien de l’amitié, de l’opinion et du talent, ils sesont partagé le récit des fastes révolutionnaires. M. Mignet a resserrédans un ouvrage court et substantiel le récit que M. Thiers a étendudans de plus larges limites. On trouve dans le premier une foule detraits tels que ceux-ci : « Les révolutions qui emploient beaucoup« de chefs ne se donnent qu’à un seul. » — En révolution, tout dé« pend d’un premier refus et d’une première lutte. Pour qu’une in-« novation soit pacifique, il faut qu’elle ne soit pas contestée ; car« alors, au lieu de réformateurs sages et modérés, on n’a plus que« des réformateurs extrêmes et inflexibles.... D’une main ilscombat-« tent pour défendre leur domination ; de l’autre fis fondent leur sys-« tème pour la consolider. »
Le portrait de Danton est supérieurement tracé : « Danton, dit l’au-
«teur, était un révolutionnaire gigantesque. Danton, qu’on a
« nommé le Mirabeau de la populace , avait de la ressemblance avec
« ce tribun des hautes classes.Ce puissant démagogue offrait un
« mélange de vices et de qualités contraires. Quoiqu’il se fût vendu« à la cour, il n’était pas pourtant vil ; car il est des caractères qui
« relèvent jusqu’à la bassesse.Une révolution, à ses yeux, était
« un jeu où le vainqueur, s’il en avait besoin , gagnait la vie du« vaincu. » La lutte de Robespierre contre Camille Desmoulins etDanton est représentée avec un grand intérêt, et l’historien entre-mèle.son récit des discours et des paroles de ces hommes de sang.Danton, au moment de périr, pesait ainsi ses destins : « J’aime