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Études ou discours historique sur la chute de l'empire romain : la naissance et les progrès du Christianisme, et l'invasion des barbares / par M. le Vicomte de Chateaubriand
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PBÉFACE.

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le Martel au lieu de Karle-Marteau : cest absolument la même chosedans la vieille langue, et jespère que lhabitude du Martel fera par-donner au Karle.

Javais commencé des recherches assez considérables sur les Gau-lois ; louvrage de M. Atnédée Thierry a paru , et jai abandonnéinon travail : il était dans la destinée des deux frères de minstruireet de me décourager.

Mais si je me suis soumis aux heureuses innovations de lécolemoderne, je combats aussi quelques-uns de ses sentiments : je nepuis admettre , par exemple, que les Franks fussent des espèces desauvages tels que ceux chez lesquels jai vécu en Amérique ; les faitsrepoussent cette supposition. Je rejette également la seconde inva-sion des Franks, laquelle aurait mis les Carlovingiens sur le trône :jai dit plus haut les motifs de mou incrédulité. Quant à lancienneécole, je lui nie sa doctrine de lhérédité des rois de la première etde la seconde race ; je soutiens que l'élection était partout; quil nepouvait y avoir usurpation il y avait élection. 11 y a plus : ja-vance que lIiérédité est une chose nouvelle dans les successions sou-veraines ; que lantiquité européenne tout entière la ignorée ; quecette hérédité na commencé quà Hugues Capet, au dixième siècle ,par une raison que jindiquerai dans un moment.

Lantiquité romaine barbare Finit vers la fin de la seconde race,et alors sopère une des grandes transformations de lespèce humainepar létablissement de la féodalité. Le moyen âge fut louvrage duchristianisme, mêlé au tempérament des barbares et aux institu-tions germaniques.

Avant dentrer dans l'analyse raisonnée des règnes de la troisièmerace, je montre quelle était la communauté chrétienne et quelleétait la constitution de lÉglise chrétienne, deux choses différenteslune de lautre. Je prouve que lÉglise chrétienne était une monar-chie élective, représentative, républicaine, fondée sur le principe dela plus complète égalité ; que limmense majorité des biens de lÉ-glise appartenait à la partie plébéienne des nations ; quune abbayenétait quune maison romaine ; que le pape, souvent tiré des der-nières classes sociales, était le tribun et le mandataire des libertésdes hommes; que cétait en cette qualité dunique représentantdune vérité politique opprimée, quil avait mission et qualité dejuger et de-déposer les rois. Je dis quà cette époque le peupledisparut, le peuple se Fit prêtre, et conserva sous ce déguisement lu-