HISTORIQUES.
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ÉTUDE SIXIÈME.
PREMIÈRE PARTIE.
MŒURS DES BARBARES.
Tout ce qui se peut rencontrer de plus varié, de plus extraor-dinaire , de plus féroce dans les coutumes des Sauvages, s’of-frit aux yeux de Rome : elle vit, d’abord successivement, etensuite tout à la fois, dans le cœur et dans les provinces de sonempire, de petits hommes maigres et basanés, ou des espècesde géants aux yeux verts ', à la chevelure blonde lavée dansl’eau de chaux, frottée de beurre aigre ou de cendres de frêne 2 ;les uns nus, ornés de colliers, d’anneaux de fer, de braceletsd’or; les autres couverts de peaux, de sayons, de larges braies,de tuniques étroites et bigarrées 3 ; d’autres encore la tête char-gée de casques faits en guise de mufles de bêtes féroces <; d’au-tres encore le menton et l’occiput rasés 5 , ou portant longuesbarbes et moustaches. Ceux-ci s’escrimaient à pied avec desmassues, des maillets, des marteaux, des framées , des angons
Àlbetaquosaacies.
Tum lamine glauco
(Afoi/lus"., inPaneg. Major.)
Calcis enim lixivia fréquenter capillos lavant. (Diod., lib.
Inlundens acido coinam butyro. . . .
(Apoixm., cartn. xn.)
V.)
3 Strictius assuetæ vestes procera coercent. {Franci.)
Membra virum, palet hls sltato tegmine poplcs. {Ibid.)
Coloratis sagulis pube tenus arnictu. ( Amm., lib. xiv, cap. iv. )
4 Tous les cavaliers timbres avaient des casques en forme de gueules ouver-tes et de mufles de toutes sortes de bêtes étranges et épouvantables; et, lesrehaussant par des panaches faits comme des ailes, et d’une hauteur prodi-gieuse, ils paraissaient encore plus grands. Ils étaient armés de cuirasses defer trôs-briilantes, et couverts de boucliers tout blancs.
(Plut., in Mar.)
5 Adfrontem coma tracta jacct, nuciatii cervîx.
Setarum per summa nitet,
XrüLiA?* ,in Puncg. Major.'-