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ÉCLAIRCISSEMENTS.
d’autres ravageurs dépouillaient la Phénicie, la Syrie et l’Egypte 1 .Le désert, comme entraîné par les barbares et changeant deplace avec eux , s’étendait sur la face des provinces jadis les plusfertiles; dans les contrées qu’avaient animées des peuples in-nombrables, il ne restait que la terre et le ciel >. Les sablesmêmes de l’Arabie, qui faisaient suite à ces champs dévastés,étaient frappés de la plaie commune; saint Jérôme avait à peineéchappé aux mains des tribus errantes, et lesreligieux du Sinavenaient d’être égorgés : Rome manquait au monde, et la Thé-baïde aux solitaires.
Quand la poussière qui s’élevait sous les pieds de tant d’ar-mées , qui sortait de l’écroulement de tant de monuments, futtombée ; quand les tourbillons de fumée qui s’échappaient detant de villes en flammes furent dissipés ; quand la mort eutfait taire les gémissements de tant de victimes ; quand le bruitde la chute du colosse romain eut cessé, alors on aperçut unecroix, et au pied de cette croix un monde nouveau. Quelquesprêtres, l’Évangile à la main, assis sur des ruines, ressusci-taient la société au milieu des tombeaux, comme Jésus-Christrendit la vie aux enfants de ceux qui avaient cru en lui.
ÉCLAIRCISSEMENTS.
SUR ATTILA.
Le nom d’Etzel n’est évidemment que la forme teutonique du nomcaucasien Attila. Les imprimés et les manuscrits ne varient pointsur ce nom, trop connu des Romains pour qu’ils pussent l’altérer,et dont la composition et l’euphonie n’avaient rien d’étranger à leuroreille. Vous les voyez au contraire varier sans cesse dans les nomsque leur ouïe saisissait mal, et pour lesquels leur alphabet n’offrait
' Invasis excisiSque civitatibus atque casteltis.( Amm. Mabcell. )
2 .Ubi præter ccelum et terrain.cuncta perierunt.
( Hiiïiion , ad Sophron .)