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ÉCLAIBCISSEMENTS.
core son beau-frère à vaincre la belle amazone : Us attachèrent unenuit Brunehild sans qu’elle s’en aperçut; elle cria merci, et devintdès lors épouse obéissante de Gunther.
Dans la lutte avec Brunehild, Sigfrid lui enleva sa ceinture et l’em-porta : cette ceinture fut la première cause de son malheur et de lachute de toute la maison de Bourgogne.
Chriemhild, ayant découvert cette ceinture, tourmenta son maripar sa jalousie, jusqu’à ce que celui-ci, dans un moment de fai-blesse, et contre la parole donnée à Gunther, trahit le mystère : ildonna la ceinture de Brunehild à sa femme, qui, de son côté, luipromit de la garder secrètement.
Quelque temps après, les deux princesses se rendirent à l’église ;Brunehild ne voulut pas permettre à l’épouse de Sigfrid, qui avaitété présentée comme vassale de Gunther, d’entrer à côté d’elle.Chriemhild, offensée, lui montra la ceinture, et l’appela concubinede son mari. Brunehild jura de tirer vengeance de cet affront; elleaccusa Sigfrid de s’être vanté d’avoir joui des faveurs de la reine :celui-ci prouva son innocence par un serment public. Le roi était sa-tisfait ; mais la reine appela Hagen, qui lui promit de la venger par lamort de Sigfrid. Il communiqua son dessein aux princes et au roi,qui céda aux insinuations du traître et aux larmes de sa femme.Hagen feignit la plus tendre amitié pour Sigfrid ; et voyant Chriem-hild , qui n’oubliait point son rêve, inquiète sur le sort de son mari,il lui promit de ne s’éloigner jamais de lui, en ajoutant toutefois quecela paraissait assez inutile, puisque le héros était invulnérable.Alors Chriemhild révéla à Hagen le point vulnérable, et marqua, parune croix rouge, l’endroit entre les épaules où le sang du dragonn’avait pas pénétré.
Le succès de la trahison étant assuré, on arrangea une chasse surune île du Rhin, et lorsque le héros alla se désaltérer à une fon-taine dans la forêt, Hagen le perça : il fit placer le corps inanimé deSigfrid devant la porte de Chriemhild, qui, le lendemain, fut épou-vantée de ce spectacle lorsqu’elle sortit de ses appartements.
La première partie du poème se termine ici. Chriemhild vécutdans le deuil le plus profond pendant treize années, pleurant la pertede son mari et le trésor des Nibelongs, qu’on lui avait enlevé.
Etzel, roi des Huns, ayant entendu parler de la gloire de Sigfrid etde la beauté de sa veuve, résolut, après la mort de sa premièrefemme Htlehe, de demander la main de Brunehild. L’idée de se