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LOUIS XIV
lui, étaient les uniques voies de lui plaire. Pourpeu qu’on s’en écartât, on n’y revenait plus , etc’est ce qui acheva la ruine de Louvois.
Ce poison ne fit que s’étendre. -Il parvint jusqu’àun comble incroyable dans un prince qui n’étaitpas dépourvu d’esprit et qui avait de l’expérience.Lui-même, sans avoir ni voix, ni musique, chan-tait dans ses particuliers les endroits les plus à salouange des prologues des opéras. On l’y voyaitbaigné, et jusqu’à ses soupers publics au grandcouvert, où il y avait quelquefois des violons, ilchantonnait entre ses dents les mêmes louangesquand on jouait les airs qui étaient faits dessus.
De là ce désir de gloire qui l’arrachait par inter-valles à l’amour ; de là cette facilité à Louvois del’engager en de grandes guerres, tantôt pour cul-buter Colbert, tantôt pour se maintenir ou s’accroî-tre, et de lui persuader en même temps qu’il étaitplus grand capitaine qu’aucun de ses généraux, etpour les projets et pour les exécutions, en quoiles généraux l’aidaient eux-mêmes pour plaire auroi. Je dis les Condé, les Turenne, et à plus forteraison tous ceux qui leur ont succédé. Il s’appro-priait tout avec une facilité et une complaisance enlui-même admirables, et se croyait tel qu’ils le dé-peignaient en lui parlant. De là ce goût de revues,qu’il poussa si loin que les ennemis l’appelaient» le roi des revues, » ce goût des sièges pour y