ET SA COUR.
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son appartement. On lui a souvent ouï parler deees temps avec amertume, jusque-là qu’il racon-tait qu’on le trouva un soir tombé dans le bassindu jardin du Palais-Royal à Paris, où la cour de-meurait alors.
Dans la suite, sa dépendance fut extrême. Apeine lui apprit-on à lire et à écrire, et il demeuratellement ignorant, que les choses les plus connuesd’histoire, d’événements, de fortune, de conduite,de naissance, de lois, il n’en sut jamais un mot. Iltomba par ce défaut, et quelquefois en public,dans les absurdités les plus grossières.
Ses ministres, ses généraux, ses maîtresses, sescourtisans s’aperçurent bientôt, après qu’il fut lemaître, de son faible plutôt que de son goût pourla gloire. Ils le louèrent à l'envi et le gâtèrent. Leslouanges, disons mieux, la flatterie lui plaisait àtel point, que les plus grossières étaient bien re-çues, les plus basses encore mieux savourées. Cen’était que par là qu’on s’approchait de lui, etceux qu’il aima n’en furent redevables qu’à heu-reusement rencontrer, et à ne se jamais lasser ence genre. C’est ce qui donna tant d’autorité à sesministres, par les occasions continuelles qu’ilsavaient de l’encenser, surtout de lui attribuer tou-tes choses, et de les avoir apprises de lui. La sou-plesse, la bassesse, l’air admirant, dépendant,rampant, plus que tout, l’air de néant sinon par